À Berlin, l’immobilier est pris d’assaut par la classe moyenne grecque



17
W1siziisijiwmtivmdcvmtivmtbfmtrfntvfotyxx2zpbguixsxbinailcj0ahvtyiisiji3mhgxmdawpijdxq
D.R.
Avec la crise de la dette, les liquidités grecques sont devenues une denrée rare… en tout cas en Grèce.

À l’instar de l’armateur George Economou, milliardaire grec sur les rangs pour racheter la chaîne allemande de grands magasins Kaufhof, la classe moyenne cherche à éloigner ses économies du soleil hellène.

 « Nous traitons de plus en plus avec des clients grecs qui souhaitent placer leurs capitaux à Berlin », explique Andrea Barbato, PDG de Batogroup, une société d’investissements immobiliers basée dans la capitale allemande. « Le taux d’accession à la propriété augmente de 16 à 17% par an. Nos clients étrangers, et maintenant Grecs, participent de cette croissance. » Si l’on est encore loin de parler d’une mainmise grecque sur l’immobilier berlinois, la tendance est réelle. Et compréhensible. « De nos jours, un appartement bien situé à Berlin se vend moins cher qu’un bien de mauvaise qualité dans un quartier peu recommandable d’Athènes », explique Calliope Scherer, agent immobilier grecque installée à Athènes, interrogée par l’agence Reuters.

 

L’attractivité des prix n’explique pas à elle seule le démarchage grec. « Le marché berlinois a l’avantage de combiner parfaitement deux qualités: la stabilité et la rentabilité. Dans le contexte actuel, mes clients sont inquiets et cherchent avant tout un placement sûr », poursuit M. Barbato. « Ce sont tout sauf des spéculateurs. Ils ont une manière très prudente d’investir, leur démarche est parfaitement classique. Si j’en crois les clients que j’ai eus par le passé, ils achètent un bien à usage familial ou locatif et profitent de leur placement pendant plusieurs années. La revente à court terme avec plus-value n’est pas leur objectif », estime-t-il. Fort de sa courte expérience, Andrea Barbato réfléchit actuellement au lancement d’un nouveau produit, d’ici le premier trimestre 2012, adapté aux attentes de cette nouvelle clientèle sud-européenne directement issue de la crise de la dette.


 

Malgré la réelle chute des prix sur le marché immobilier domestique, les investissements grecs dans la pierre à l’étranger se sont envolés: en Grande-Bretagne d’abord, puis en France et en Allemagne. C’est tout le paradoxe d’un pays dont la survie dépend en partie des capitaux étrangers et dont les citoyens qui le peuvent cherchent des débouchés pour les leurs… hors de Grèce. La fuite des capitaux grecs à l’étranger fait actuellement les choux gras de la presse allemande, et notamment dans Bild, premier quotidien populaire allemand, qui a dénoncé en octobre la présence dans les banques suisses de 200 milliards d’euros grecs. À Berlin, cette fuite des capitaux prend un autre visage: celui de petits investisseurs dont la démarche relève avant tout du pragmatisme économique. Une qualité qui, selon les Allemands, a souvent fait défaut aux citoyens grecs.