Accord de libre-échange UE-Japon: un tremplin pour l’archipel nippon

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Mais des discussions préalables aux votes du Parlement, le processus s’annonce complexe et devra lever de nombreux obstacles liés aux barrières tarifaires et à l’accès aux marchés publics nippons. Pour le président de l’EBC au Japon, Duco Delgorge, ces négociations sont cruciales: « Il est indispensable de créer un contexte qui favorise les échanges entre l’UE et le Japon. Tout le monde en sortirait gagnant. Le Japon doit rester un leader du continent asiatique. Ses capacités en matière d’innovation, de fabrication de produits de qualité sont uniques. Pour que le pays conserve son rang, il doit pouvoir rester compétitif sur les marchés mondiaux, au même titre que les autres puissances asiatiques. »

 

Les opportunités dont pourraient profiter les entreprises européennes ne se limitent pas aux marchés publics. Les sociétés japonaises sont des clientes potentielles pour de nombreuses matières premières et produits intermédiaires. Mais le pays souffre d’une mauvaise réputation parce que son savoir-faire n’est pas forcément médiatisé. « Bon nombre d’entrepreneurs et d’investisseurs sont aujourd’hui peu enthousiastes à l’idée d’investir ce marché. Au-delà d’un nouveau cadre réglementaire, les accords de coopération contribueraient à une meilleure connaissance mutuelle », juge Duco Delgorge. Le tissu économique japonais est surtout composé d’activités B to B, méconnues du grand public. Les investissements en innovation représentent le double de ceux pratiqués en Europe. Actuellement, un iPad contient entre 70% et 80% de produits japonais, par exemple. Et dans les écrans tactiles, les fibres intégrées qui détectent les mouvements sont essentiellement japonaises.

 

L’ensemble de la région de Fukushima reste terriblement marquée par la catastrophe de l’année 2011. « Des coopérations facilitées avec les entreprises étrangères contribueraient à donner plus rapidement une nouvelle vie à cette zone », ajoute Duco Delgorge. Le Japon est connu pour ses procédures qui freinent parfois les négociations entre partenaires potentiels, mais elle présente depuis quelques années un visage différent, selon de nombreux observateurs économiques. Le gouvernement japonais n’a d’ailleurs pas remis en cause la politique d’ouverture internationale relancée par l’ancien Premier ministre nippon.