Allemagne : l’ange Gabriel veille sur l’économie et l’énergie

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« Mieux vaut maintenir en place un adversaire docile qu’installer un ami indocile », disait François Mitterrand. La chancelière allemande connaît sa leçon. Son opposant principal va devenir son vice-chancelier. Sigmar Gabriel, le président du Parti social démocrate (SPD), 54 ans prend la place de numéro 2 du gouvernement de « grande coalition ». Sigmar Gabriel, ministre de l’Economie et de l’Energie, vice-chancelier du gouvernement…  Cette organisation qui rapproche les deux meilleurs rivaux de l’Allemagne fonctionnera-t-elle ?

 

La réélection officielle s’est tenue mardi, concrétisant le vote de septembre dernier du peuple allemand. La nouvelle administration de l’Etat allemand est composée de 6 ministres SPD et 9 ministres CDU/CSU, l’alliance entre l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne et l’Union chrétienne sociale en Bavière.

 

 

Transition énergétique sous son giron

 

 

Fils d’un sympathisant nazi, Sigmar Gabriel a commencé à travailler dès 1976 dans l’encadrement des enfants et des jeunes dans l’organisation « Jeunesses socialistes allemandes-Les Faucons ». L’Abitur en poche, il fait des études de sciences politiques, de sociologie et de philologie allemande.

 

En 1999, élu membre du comité directeur fédéral du SPD, il devient vice-président du SPD de Basse-Saxe et président du parti à Brunswick en 2003 avant de prendre la tête du parti pour le pays entier en 2009.

 

Sigmar Gabriel, professeur, ancien ministre de l’Economie prendra en charge également l’Energie. Il a déjà endossé la charge de piloter la transition énergétique, l’un des plus gros chantiers de l’Allemagne des années à venir Elle est une conséquence de l’abandon du nucléaire décidé en 2011 par la chancelière Angela Merkel après la catastophe de Fukushima. Siggi comme on l’appelle en Allemagne, cet homme jugé hyperactif parviendra-t-il à collaborer avec son ancienne opposante ? En fait, la tâche ne paraît pas impossible si on s’en tient aux confidences de l’économiste qui a reconnu en privé, à propos de la Chancelière : « Je l’aime bien ».