Article vidéo. Le luxe contemporain du Mandarin Oriental

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Cette ouverture tombe dans une période fortement concurrentielle. Ces deux dernières années, la France a lancé, pour la première fois, la catégorie d’hôtels 5-étoiles et le label « Palace » pour les hôtels exceptionnels. Beaucoup d’établissements font donc peau neuve afin de décrocher une étoile supplémentaire. Dans le même temps, trois hôtels de luxe exploités par des chaînes asiatiques réputées se sont également implantés dans la capitale française: le Raffles-Royal Monceau et le Shangri-La ont déjà ouvert, le Majestic Peninsula suivra l’année prochaine. En dehors de ces origines asiatiques, le Mandarin Oriental apporte une nuance supplémentaire: celle du luxe contemporain sans l’aspect patrimonial, sans chichi rococo ou baroque. La suite Royal Mandarin du 7è étage est résolument épurée, un brin arty. En duplex et avec une hauteur sous plafond de sept mètres, elle est toutefois colossale: depuis la somptueuse salle de bains au sol de verre sablé, décoré de cabochons d’or, le regard s’égare sur les toits de Paris, effleure la Tour d’Eiffel ou la coupole du Grand Palais. Avec 39 suites, dont 9 en duplex, l’hôtel est à la hauteur des exigences d’une clientèle habituée aux palaces.

 

 

 

 

La suite Royal Mandarin est même propice aux réceptions. Des fauteuils blancs accueillent les invités sur la terrasse privée. Au salon, un immense tapis en soie affiche ses teintes rose-saumon-crème. L’acajou luisant et une certaine sobriété masculine dominent au bureau. Cet ameublement épuré et moderne, en blanc et en beige, enrichi de touches argentées des seventies, est unique à l’hôtel. Les autres 99 chambres et 38 suites ont beaucoup plus de charme. Très cosy, la 313 se drape en or et en anis. Le mobilier en bois rappelle les années 1930.

 

Chacun des 26 établissements du groupe Mandarin Oriental dans le monde affiche un visage correspondant à l’endroit où il se trouve. L’hôtel parisien reflète la couture, le style, l’élégance, la haute gastronomie. Depuis l’ouverture, il attire surtout une clientèle asiatique et américaine. « Le remplissage n’est pas notre première occupation. Nous voulons prendre le temps afin de construire le service petit à petit », souligne André Devilliers, directeur commercial et marketing du Mandarin Oriental à Paris. Ainsi, l’hôtel n’a pas encore recruté la totalité des 400 employés prévues. « Ce qui est important, c’est le style, poursuit le directeur commercial. Notre service est plus moderne, moins formel, plus adapté, plus fun, plus jeune. » Le client peut également compter sur une taille de chambre confortable, à partir de 37 m2. Il faut qu’il débourse toutefois le premier prix de 950 euros pour séjourner dans cet immeuble en carré d’inspiration Art déco. Seule la façade de 1930 a été conservée. À l’intérieur, tout a été reconstruit autour d’un jardin décoré de fleurs blanches. Au printemps, des pervenches blanches jaillissent sur la façade intérieure. Construit sous la houlette de l’architecte français Jean-Michel Wilmotte, l’hôtel à reçu le label HQE (haute qualité environnementale).

 

Ouvert en juin 2011, l’hôtel attend au moins un ans d’exploitation avant de se lancer à la conquète des cinq étoiles ou du prestigieux label « Palace. » Un grand chef célèbre dirige d’ores et déjà les équipes des deux restaurants. Star du petit écran et grand connaisseur de l’Asie, Thierry Marx a quitté le château Cordeillan-Bages, à Pauillac, et ses 2-étoiles Michelin afin d’exprimer sa cuisine avant-gardiste dans ce nouveau haut lieu parisien.

 

Le restaurant gastronomique Sur Mesure du Mandarin Oriental a été décoré par l’architecte d’intérieur Sybille de Margerie. Tout y est blanc et blanc cassé. Cette décoration se marie parfaitement à la présentation spectaculaire des plats de Marx, un des adeptes de la cuisine moléculaire controversée. « Vous ne trouverez pas de laboratoire chimique dans notre cuisine, rassure André Devilliers. Thierry Marx apporte une cuisine visuelle, un savoir-faire novateur. Il mélange des saveurs tout à fait nouvelles. » Ses mets surprenants sont aussi servis au restaurant parisien Camélia, à l’heure du thé.