Association Brésil France – L’année du Brésil en France.

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Après la Chine, c’est le Brésil qui investira la France et sa capitale pour toute une année. Le rapprochement culturel a également pour vocation de faciliter les liens commerciaux. D’ailleurs une association d’affaires brésilo-française voit le jour au même moment

Dans les couloirs du département économique de l’Ambassade du Brésil à Paris, un nouveau bureau vient d’être agencé. C’est désormais officiel, au 1er janvier 2005, l’Association Brésil France (ABF) entre en service. Il aura fallu un an et la contribution active de l’ambassadeur du Brésil à Paris, S.E. Sergio Silva do Amaral, pour que voient le jour les premiers statuts de cette entité. Déjà en 2003, des rencontres avec des entrepreneurs brésiliens avaient été organisées, mais l’absence de dispositifs commerciaux concrets n’avait pas permis de réels suivis.
La demande existait pourtant bel et bien. On dénombre 2 600 entreprises françaises implantées au Brésil dégageant 4 500 emplois directs ; moins de dix entreprises brésiliennes seraient en revanche installées en France. Initié à la problématique en tant qu’ancien ministre d’État du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur, Sergio Silva do Amaral décide de rassembler les entrepreneurs brésiliens au sein d’une association. En juillet 2004, la présidence en sera confiée à Jean-Bernard Ouvrieu (conseil d’administration), ex-ambassadeur de France au Brésil, et à Abdallah Hitti (bureau exécutif), un chef d’entreprise très au fait des usages commerciaux.

2005 : le Brésil en France
L’ABF, qui s’apparente aisément à une Chambre de commerce et d’industrie, ou à un club d’affaires, s’impose trois objectifs. D’abord celui de promouvoir en France une certaine idée du Brésil. Loin des anciens préjugés, l’association veut transmettre au milieu des affaires français une image plus contemporaine d’un pays moderne et largement industrialisé. Ensuite, il s’agit d’organiser et de participer à un échange culturel entre les deux pays. Enfin, il faudra placer l’association comme interlocuteur privilégié dans les processus de négociations commerciales. Pour cela, l’ABF a déjà noué des liens avec les acteurs économiques de part et d’autre de l’Atlantique. Au Brésil, les chambres de commerce franco-brésiliennes de Minas Gerais, de Sao Paulo et de Rio de Janeiro sont membres de l’association. En France, l’ABF a déjà participé à un colloque organisé par la CCI de Paris, et échange avec la section Brésilienne du Medef.
Très impliquée dans les préparatifs et le déroulement de l’année du Brésil en France, l’ABF voudrait s’en servir de tremplin. Pour Abdallah Hitti, « l’aspect culturel des échanges n’est pas une finalité, car l’objectif est d’abord économique. Au-delà de 2005, nous souhaiterions que des filiales soient créées au Brésil. Le pays est connu pour son café, les pièces automobiles, etc., mais il est temps de passer à une étape de marketing, avec l’apparition de marques brésiliennes. Des filiales françaises pourraient nous aider à un tel développement ».
C’est pourquoi, en marge des festivités aux couleurs carnavalesques qui auront lieu à Paris sur toute l’année 2005, l’ABF participera aussi à sept forums économiques. Des événements qui, pour la plupart, ont lieu grâce à l’intervention privée de grands groupes possédant des intérêts au Brésil.