Attentat de Nice : un choc pour la France et son tourisme

25

La Promenade des Anglais, sur laquelle un camion a foncé dans la foule venue voir le feu d’artifice du 14 juillet, est une des destinations favorites des touristes aussi bien Français qu’étrangers. Nice est, après Paris, la ville qui reçoit le plus de visiteurs en France. L’année dernière, elle avait accueilli presque deux millions et demi de touristes selon Euromonitor.

Cette date, au delà de la symbolique républicaine, n’a pas été choisie au hasard selon Georges Panayotis, président du cabinet spécialisé MKG. D’après lui, l’auteur de l’attaque “a également attendu la fin de la coupe d’Europe de football et le retour des touristes sur le littoral, ainsi que la fin du ramadan et l’arrivée des riches Arabes” dans la région.

C’est cependant l’effet de répétition qui risque de mettre à mal une des plus importantes sources de revenus du pays : “On n’est plus dans un terrorisme classique où après un attentat il suffisait de quelques mois pour que l’activité reparte”. L’attentat de Nice vient allonger la liste des actes terroristes commis sur la territoire français depuis janvier 2015. C’est cette succession d’évènements forts qui peut “dissuader les touristes pour un certain temps” ajoute Geoges Panayotis.

Selon le directeur du cabinet Protourisme, Didier Arino, “la rentabilité dans les hôtels va chuter d’environ 25 %”. Cela s’explique principalement par la baisse de la fréquentation des populations à fort pouvoir d’achat originaires des Etats-Unis, d’Asie ou encore des monarchies du Golfe, d’habitude très intéressés par les palaces de la Côte d’Azur, surnommée “French Riviera” à l’étranger.

Mais Nice accueille également de nombreux festivals, croisières et congrès. En 2015, son aéroport a vu circuler plus de 12 millions de passagers dont plus de la moitié originaires de l’étranger. Le concert prévu de Rihanna a été annulé, décevant près de 60 000 personnes qui y étaient attendues. Tous les hôtels de la ville ont enregistré des annulations ces derniers jours : entre 20 et 30 % selon les établissements.

C’est déjà la troisième fois en un an et demi que les villes touristiques françaises sont frappées de plein fouet par des attentats terroristes. Le secteur, qui représente 7 % du PIB et deux millions d’emplois, était déjà à la peine depuis les attentats de novembre. La province avait cependant été épargnée jusque-là, avec une hausse de 1 % des arrivées de touristes depuis janvier contre une baisse de 11 % pour la capitale. La tendance s’était même embellie récemment (+ 11 % sur les dix premiers jours de juillet en province), sous l’effet de réservation de dernière minute.
C’est donc, au delà du désastre humain, une catastrophe pour l’économie touristique française, qui peinera à surmonter ce nouveau choc.

 

commerce international, actu-cci.com.