Avec 338 structures et 170 000 sociétés adhérentes, le réseau canadien des chambres de commerce est en pleine consolidation

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Au Canada, la constitution d’une Chambre de commerce suit différents processus.

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L’enregistrement d’une chambre de commerce canadienne peut s’effectuer auprès de deux différents paliers de gouvernement, provincial ou fédéral, ayant chacun leur loi. Une nuance souvent ignorée à l’étranger, où l’on oublie la souplesse du système canadien, moins centralisé que celui de la France par exemple. Les Canadiens sont fiers de la diversité de leur pays, mais elle induit tout de même des difficultés d’harmonisation. « Il arrive que deux Chambres revendiquent le même territoire ou des parties d’un même territoire. Elles ont toutes les deux raison, puisqu’elles sont enregistrées sous deux régimes différents, celui de leur province et celui de l’État fédéral », explique Jennifer Hagen, directrice principale chargée des relations auprès des Chambres à la Chambre de commerce du Canada. La bonne volonté des deux parties n’est pas en cause, mais la confusion peut mener jusqu’au conflit. Jennifer Hagen estime à deux ou trois par année, des cas pouvant susciter une véritable dispute. Sur les dix fédérations provinciales, sept ne demandent pas que la création d’une Chambre soit faite selon les lois fédérales et provinciales. La Chambre de commerce du Canada en a fait une exigence.

 

La Chambre souhaite une harmonisation des pratiques
Son réseau comprend aujourd’hui 338 structures, dont toutes les fédérations provinciales sont membres. Mais l’écart reste important : le total des Chambres de commerce à travers les dix provinces est de 830. Cette asymétrie s’observe aussi dans le nombre de sociétés adhérentes. La Chambre de commerce du Canada en compte 170 000, les provinces 180 000. La Chambre du Canada ne vise pas à ce que toutes intègrent son réseau, mais souhaite néanmoins une harmonisation des pratiques pour éviter la confusion. « Il est aussi évident que plus nous avons de membres, mieux nous pourrons négocier les prix auprès de prestataires d’offres spéciales destinées aux entreprises », poursuit Jennifer Hagen. Ressentant le besoin de mieux coordonner le réseau, diverses Chambres locales ont demandé que soit mis sur pied un programme national d’accréditation comprenant divers objectifs. Parmi ceux-ci, la clarification de la question du territoire couvert par une Chambre précise, une standardisation des services offerts et, plus largement, un renforcement du réseau pour mieux défendre les intérêts des membres. « Les Chambres locales ont demandé que ce programme soit développé pour clarifier auprès du public ce que fait une Chambre de commerce. Nous avons démarré ce projet en 2004 avec des représentants de tous les paliers du réseau des Chambres de commerce. L’accréditation est ainsi accordée à celles qui se conforment à un ensemble de normes et de pratiques rigoureuses. Aujourd’hui, 65 d’entre elles profitent de cette accréditation et environ 15 à 20 Chambres s’ajoutent à ce total chaque année. La décision de s’engager dans ce programme est volontaire. Les Chambres québécoises sont celles qui y répondent avec le plus d’enthousiasme. Nous comptons sur un effet boule de neige pour l’étendre », précise Jennifer Hagen.

 

La taille des Chambres varie également. Le fossé est large, par exemple, entre le Toronto Board of Trade, la Chambre de commerce de Toronto qui représente près de 10 000 entreprises, et de petites organisations locales qui desservent des communautés souvent éloignées des grands centres urbains. Ces petites structures fonctionnent souvent grâce au bénévolat, aucun argent public n’étant injecté dans les Chambres de commerce au Canada. Il leur arrive pourtant de tenir certains bureaux d’utilité publique si les autorités fédérales, provinciales ou municipales leur en ont fait la demande. Par contre, on ne voit pas au Canada de Chambres de commerce s’occuper de la gestion d’équipements comme un aéroport ou un ferry. Elles s’occupent plutôt de bureaux d’immatriculation des véhicules et sont responsables de l’émission des permis de conduire. Certaines Chambres ont également accepté d’offrir des services d’information touristique dans des petites communautés, travail pour lequel elles sont généralement rémunérées. Les possibilités pour elles de prendre en charge de telles activités augmentent actuellement, car les services publics sont très souvent privatisés.