Banques européennes : une santé qui demeure fragile

31

L’Autorité Bancaire Européenne (ABE) a testé en fin de semaine dernière la solidité financière de 51 banques du Vieux Continent. Les résultats sont mitigés même si, côté français, le ministre des finances s’est dit satisfait de la résistance des banques hexagonales.

Économistes, financiers et dirigeants politiques européens attendaient le bilan de ce nouveau “stress-test” avec impatience et nervosité. Vendredi dernier, après la clôture du marché américain, les résultats sont tombés. Et sans surprise les banques italiennes sont parmi celles qui ont obtenu les plus mauvais résultats au test de résistance (ou “stress-test”) mené par l’ABE. Une banque transalpine inquiète notamment les observateurs : Monte dei Paschi di Siena (MPS). C’est elle qui enregistre la plus mauvaise performance de résistance. Juste avant la publication des résultats, MPS avait annoncé un grand plan de sauvetage qui aboutira à la cession d’une part importante de ses créances douteuses.

L’ABE a dévoilé des batteries de chiffres concernant 51 établissements européens représentant 70 % des actifs bancaires du Vieux Continent. La Banque Centrale Européenne (BCE) a, quant à elle, dans le même temps, soumis aux tests, 56 autres établissements européens, les résultats n’étant pas encore connus dans ce cas. Le test consiste à vérifier l’état de santé des banques et à déterminer si elles pourraient supporter les chocs dans le cas d’un scénario catastrophe. Le scénario de ce “stress-test” incluait une récession de 1,2 % en 2016 et de 1,3 % en 2017 dans l’Union européenne (UE), une explosion du chômage ou encore l’effondrement du marché immobilier. Le principal indicateur sur lequel se basent les analystes est le ratio de solvabilité, c’est à dire le rapport entre les fonds propres d’un établissement bancaire et les montants des crédits distribués, pondérés par les risques associés.

Pour la banque italienne MPS, ce ratio tomberait à – 2,44 % dans le scénario le plus défavorable. C’est encore bien loin des 5,5 % fixés lors des précédents tests de résistance. La banque irlandaise Allied Irish Banks ne passe pas non plus le seuil, à 4,31 %. Et même si certaines banques sont au dessus du seuil, elles affichent néanmoins une certaine fragilité. C’est le cas pour la banque autrichienne Raiffeisein, l’italienne UniCredit, l’irlandaise Bank of Ireland, l’espagnole Banco Popular ou encore l’allemande Deutsche Bank, qui affichent toutes un ratio inférieur à 8 % dans le pire scénario contre en moyenne 9,2 % pour l’ensemble des banques. A contrario, les banques suédoises sont à ranger avec les bons élèves étant toutes au-dessus des 14 %.

Côté français, Michel Sapin, ministre des finances s’est félicité des résultats des banques hexagonales les considérant “parmi les plus solides”. Les groupes BPCE, Crédit mutuel, La Banque postale, BNP Paribas et le Crédit agricole affichent des indicateurs plus que corrects. Seule la Société Générale se retrouve en fin de peloton, restant cependant au-dessus du seuil. Avant cette série de tests, la BCE avait déjà effectué des simulations de crise auprès des banques en octobre 2014. A l’époque, 25 avaient alors échoué et 13 avaient dû lever du capital frais. 130 banques avaient été testées contre seulement 51 cette fois-ci, avec l’absence notable de banques grecques ou portugaises par exemple. De plus, contrairement à 2014, les résultats de ces tests n’incluent pas de recapitalisation directe pour les banques dont la solvabilité est menacée. Les superviseurs décideront plus tard des recommandations à faire à chaque établissement.

Les données publiées en fin de semaine dernière confirment que même s’il est en nette amélioration, le secteur bancaire n’a pas encore totalement tourné la page de la crise, principalement dans les pays d’Europe du Sud, pour ceux qui ont été testés comme les établissements italiens.

 

commerce international, actu-cci.com.