BCC – Budget : le gouvernement peut mieux faire

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L’organisme représentant les chambres de commerce outre-Manche a regretté le manque d’ambition des mesures budgétaires présentées par le chancelier de l’Echiquier.

 

«Nous sommes actuellement à un moment sans précédent dans notre histoire économique, et le gouvernement devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour booster l’économie » a déclaré John Longworth, directeur général du BCC, après la présentation du budget par le ministre des Finances le 20 mars dernier, « beaucoup des mesures du Chancelier sont positives, mais arrivent trop tard, en particulier pour les PME. Aujourd’hui, nous avons besoin d’urgence, d’échelle et d’exécution».

 

À l’occasion d’un budget fiscalement neutre où les dépenses sont équilibrées par les recettes, le Chancelier a pourtant donné des coups de pouce au monde des affaires. En commençant par une nouvelle réduction de l’impôt sur les sociétés qui, de 21% en 2014 devra passer à 20% en 2015.  Soit un taux beaucoup plus compétitif qu’en France où il est de 33%. Une faveur dont ne bénéficieront pas les banques, dont la taxe sera relevée à 0,142% en 2014 : «le Chancelier devrait considérer à l’avenir davantage de réduction d’impôts en l’absence de signes de résurgence de croissance dans les mois à venir » souligne John Longworth. Le BCC a aussi salué la décision du  gouvernement d’éliminer les 2000 premières livres de cotisations patronales, une initiative qui devrait permettre à plus d’un tiers des employeurs du Royaume-Uni de ne pas payer de taxe sur l’emploi.

 

 

«Cette décision est un coup de pouce à la confiance » a ainsi commenté le BCC. La décision par le gouvernement de réaliser des améliorations au dispositif de funding for lending, ce plan de financement dont l’ambition est de relancer les prêts pour les  entreprises et les particuliers, a été jugé positive, mais insuffisante : «Au final, ce dispositif ne peut qu’abaisser le coût de financement des entreprises déjà considérées par les banques comme sûres. Seul davantage de concurrence dans le secteur bancaire et une banque publique d’investissement (Busines Bank) correctement capitalisée, qui augmenterait l’appétit pour le risque, peuvent permettre de gérer les réelles frustrations que nous voyons actuellement dans le monde des affaires au travers du Royaume-Uni », selon John Longworth.

Le BCC, qui a fait de ce projet un axe de relance capital de l’économie britannique, s’inquiète aussi de l’absence de détails supplémentaires concernant le  fonctionnement de la banque publique d’investissement.  L’organisme regrette aussi  que le niveau d’investissement initial dans ce projet n’ait pas été relevé.

 

Outre ces aides au monde des affaires, le Chancelier de l’Echiquier a également annoncé une série d’aides aux individus sous la forme d’un assouplissement fiscal : à compter de l’an prochain, les contribuables bénéficieront d’une exonération d’impôt sur le revenu jusqu’à 10 000 livres de revenus par an, tandis que les ménages seront aussi exonérés fiscalement pour la garde des enfants sous certaines conditions.  Le logement fait aussi figure de grand gagnant dans le nouveau budget : une enveloppe de 3,5 milliards de livres sera allouée pour encourager l’achat d’un logement. Modeste, le paquet de mesures reste largement contraint par un état des finances publiques toujours très préoccupant.

Principale orientation du gouvernement Cameron, la réduction du déficit et de la dette prendra ainsi beaucoup plus de temps que prévu : ainsi le ratio dette publique/PIB ne diminuera qu’à partir de 2017-2018,  soit deux ans plus tard que prévu, où il devra atteindre 84,8%. Quant au déficit, il devrait tomber cette année à 7,4%, puis 6,8% en 2013-2014, (6,1% prédits en décembre), 5,9% en 2014-2015 (5,2%) et 5% en 2015-2016 (4,2%). Les nouvelles perspectives de croissance établies par l’OBR, l’organisme de surveillance budgétaire indépendant, ont largement pesé sur ces chiffres : en 2013, le Royaume-Uni devrait connaître une croissance de 0,6%, comparé à +1,2% anticipée en décembre et à +1,8% en 2014.

 

Pour les années à venir, l’organisme indépendant a confirmé un PIB à +  2,3% en 2015, 2,7% en 2016 et 2,8% en 2017, des perspectives jugées encore trop optimistes par le BCC : « il paraît difficile d’envisager que le Royaume-Uni maintienne un niveau de croissance au-dessus des 2,5% » estime John Longworth.