Bilan du 7e Congrès international des CCI

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Le 7e Congrès international des chambres de commerce et d’industrie (WCCI) s’est déroulé du 8 au 10 juin 2011 à Mexico, avec pour thème la paix et la prospérité. Retour sur quelques étapes clés de cet évènement.

 

Le développement durable, véritable leitmotiv

Preuve de son importance dans l’économie et la politique globale, ce 7e congrès a été inauguré par le président mexicain Felipe Calderon. Outre le nécessaire développement international d’une économie verte, les politiques publiques et privées devront s’adapter à un monde qui fera la part belle aux mégapoles et verra se déplacer les centres névralgiques, notamment vers l’Asie. Or « les chambres de commerce peuvent jouer un rôle prépondérant dans la croissance globale en aidant les managers territoriaux à identifier les zones de croissance et en augmentant l’attractivité de certaines villes », a observé Alberto Chaia, directeur du cabinet McKinsey. Harold McGraw III, vice-président d’ICC et PDG de McGraw-Hill Companies a estimé que « le capital va là où il est accueilli favorablement », d’où l’importance, préalablement à toute politique de création d’emploi, de miser sur la croissance économique et l’investissement. Pour sa part, Muhtar Kent, PDG de Coca-Cola, a affirmé : « Si nous ne vivons pas dans des sociétés durables, nos entreprises ne le seront pas non plus. » Estimant indispensable de changer les modes de penser et de faire des affaires afin de s’adapter aux évolutions environnementales, Rajendra Kumar Pachauri, président du Giec, a souligné la nécessité de réduire l’empreinte carbone, convaincu que les entreprises refusant une « conversion verte » seront boycottées par la population de plus en plus « consomm’actrice ». Et Yanling Zhang, vice-président de la Banque de Chine, de souligner l’importance de l’innovation dans le développement.

 

S’adapter au changement

« La mondialisation est basée sur le commerce qui s’appuie sur l’apprentissage et l’observation ; or, pour passer du stade d’observateur à celui d’acteur, il faut connaître et respecter certains standards et règles », a remarqué Yanling Zhang. De l’INCOTERMS (International Commercial Terms), déterminant les obligations réciproques des vendeurs et des acheteurs dans le cadre de contrats internationaux, au Carnet ATA, facilitant les échanges internationaux en simplifiant les formalités douanières et en réduisant le coût des opérations, les normes internationales ont d’ailleurs été longuement débattues. Autre évolution notable : la dématérialisation des processus alors que « le futur sera tout électronique », selon George Fisher, manager international des réseaux, soulignant un nouveau challenge à relever avec le renforcement de l’interactivité et des réseaux sociaux, « moyen du futur de faire des affaires » selon Ekaterina Walter, stratégiste des médias sociaux.

 

La croissance en douceur

« Le niveau de violence est inversement proportionnel au niveau d’investissement et de PIB d’un pays », a noté Charles A. Jeannes, président de Goldcorp, soulignant la propension des « estomacs vides » à la violence, tandis qu’Hans Jöhr, directeur général de l’agriculture chez Nestlé, insistait sur la nécessaire élaboration d’une chaîne de valeur vertueuse du producteur au consommateur final. « Chaque société a une responsabilité envers sa communauté », a estimé Roberto Servitje Sendra, PDG du groupe Bimbo tandis que Victor K. Fung, président du groupe Li & Fung, a observé que la main-d’œuvre croît, mais tend à se déqualifier, en particulier dans les pays en développement, alors que perdurent des inégalités générationnelles, hommes/femmes et Nord/Sud, ces dernières pouvant s’estomper en renforçant l’éducation précoce, redoutable arme de développement.

 

Développer ensemble des économies vertueuses

Si les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer en matière de développement économique et social, les acteurs privés ne sont pas en reste, comme l’a démontré José Adan Aquerri, président du Conseil supérieur des entreprises privées du Nicaragua, en soulignant le rôle moteur des entreprises nicaraguayennes dans la fixation d’un salaire minimum dans les zones de libre-échange. Toshio Nakamura, président de la chambre tokyoïte (JCCI), a souligné le rôle essentiel de la JCCI lors du tsunami et de la catastrophe nucléaire du printemps 2011 qui a impacté l’ensemble du commerce international en raison de ruptures d’approvisionnement souvent injustifiées. La JCCI a effectivement initié un système de soutien aux mesures de financement, la révision du plan de continuité d’activité et le renforcement du réseau d’assistance des chambres de commerce.

 

Les CCI, moteurs du libre-échange

La conclusion d’accords de libre-échange s’est considérablement développée au cours des 20 dernières années. Ces accords offrent un avantage compétitif aux États bénéficiaires, mais « avec plus de 200 accords de libre-échange différents, nous sommes face à un véritable imbroglio », commentait Steve Baker, responsable des projets d’échanges à la Chambre de commerce britannique (BCC). Il est vrai que les accords de libre-échange se succèdent sans nécessairement se ressembler. Ainsi, la Corée du Sud a conclu le 1er juillet dernier avec l’Union européenne un accord qui devrait permettre, en baissant les tarifs douaniers, d’accroître les exportations coréennes de 11 milliards de dollars (7,83 milliards d’euros) et faire bondir la croissance de 5,6 %. Si ces accords sont initiés par les gouvernements, ils impliquent fortement les chambres de commerce et d’industrie qui interviennent notamment dans l’établissement de certificats d’origine préférentiels.

 

De nouveaux principes de gouvernance

Les partenariats public-privé font partie intégrante d’une économie prospère. Une collaboration conjointe entre l’ONU et le secteur privé a ainsi permis de mener des actions de grande envergure. Parmi elles, le programme « United Nations Global Compact » (une initiative de politique stratégique reposant sur dix principes universellement acceptés dans les domaines des droits de l’homme, du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption), mais aussi le partenariat entre la Fédération internationale des chambres de commerce (WCF) et le service des achats de l’ONU conclu en juin 2009 au congrès de Kuala Lumpur. Le 7e Congrès des CCI aura été l’occasion pour le Centre international pour l’entreprise privée et la WCF d’annoncer conjointement le lancement de nouveaux principes de gouvernance régissant les associations professionnelles et les CCI. Soixante chambres internationales, de l’Uruguay à l’Australie en passant par la Turquie, le Canada, l’Afrique du Sud ou encore Israël, ont participé à l’établissement de ces normes devant concourir à l’amélioration de la gouvernance au sein des CCI et des associations professionnelles. Inspirées par les principes de gouvernance d’entreprise déterminés par l’OCDE, ces nouvelles règles visent à favoriser une bonne gouvernance, les évaluations nécessaires et des réformes au sein des associations professionnelles et des chambres de commerce, qu’elles soient de droit public, privé, régional, local ou national. L’adhésion à ces principes est volontaire de la part des associations professionnelles et des chambres de commerce. Le conseil de gouvernance qui sera créé dans le cadre de ces nouveaux principes agira comme une direction stratégique, élaborant des politiques, surveillant leur mise en œuvre et assurant la conformité avec les lois organisationnelles et nationales, les réglementations et les normes éthiques.