Bouyges immobilier se prépare à une forte demande de bureaux haut de gamme

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Dans le secteur de l’immobilier d’entreprise, Bouyges s’est imposé comme le spécialiste de la grande demande aux standards internationaux. Actif dans le neuf comme dans la réhabilitation, Bouygues veut faire émerger de nouvelles zones de bureaux.

Avec 45 millions de mètres carrés de bureaux et 2 millions de mètres carrés placés chaque année en Ile-de-France, Paris s’affirme, devant Londres, comme la première place européenne en la matière. « Le parc parisien manque d’immeubles modernes aux standards internationaux, qui sont pourtant essentiels pour accueillir les plus grandes entreprises, analyse Éric Mazoyer, directeur général de Bouyges immobilier pour l’Ile-de-France. Le marché de l’immobilier d’entreprise a été euphorique jusqu’en 2000-2001, et après avoir traversé une période morose, il connaît à présent une phase de redémarrage significative. » La hausse sensible des emplois dans le secteur des services n’y est pas étrangère, chaque emploi tertiaire créé induisant une demande supplémentaire de mètres carrés de bureaux. Bouyges immobilier se prépare donc à une forte demande de bureaux haut de gamme. En Ile-de-France, la société intervient principalement pour la construction neuve d’immeubles de bureaux aux standards internationaux sur trois grands sites : l’un est situé à Paris, Paris Seine rive gauche dans le XIIIe où cinq opérations ont déjà été livrées à des utilisateurs comme SAP, France télécom, RFF, Banque Populaire Rives de Paris. Les deux autres sont aux portes de Paris : la Défense, à l’Ouest, avec la construction de la tour Exaltis pour la Mondiale ; Issy-les-Moulineaux, au Sud, où 150 000 mètres carrés de bureaux sont en cours de réalisation, dont le futur siège de Bouygues Immobilier.

 

Réhabilitation
Le second axe de la stratégie de Bouygues immobilier en Ile-de-France consiste en la réhabilitation d’immeubles existants : par exemple le siège du Medef, transformé et vendu au Crédit Suisse, ou le nouveau siège du journal Le Monde. « Nous mettons l’accent sur la réhabilitation, car les 600 000 mètres carrés neufs construits chaque année ne suffisent pas à la demande aux standards internationaux, explique M. Mazoyer. Nous sommes très intéressés, par exemple, par la réhabilitation des tours de la Défense. » « Nous déployons également une stratégie tournée vers les utilisateurs, poursuit M. Mazoyer. Le siège d’Ipsos, par exemple, a été vendu à la Commerzbank. Nous avons alors deux clients : d’un côté, un investisseur international, de l’autre, un futur utilisateur pour qui nous réalisons un immeuble clef en main. » Face à la saturation des grandes zones de bureaux franciliennes, la nécessité se fait sentir d’inventer des « zones émergentes ». Pour créer un nouveau pôle tertiaire, le plateau de Saclay fait figure de site idéal aux yeux de M. Mazoyer. Bien desservi, il est situé à proximité d’un cadre de vie agréable, la vallée de Chevreuse, et surtout dans un environnement scientifique propice : université Paris Sud, grandes écoles prestigieuses, centres de recherche. « C’est le bon endroit pour établir des ponts entre la recherche publique et privée, souligne M. Mazoyer. L’administration et les acteurs économiques ont une vision pour ce territoire : aux élus de se mettre d’accord. Saclay sera la réponse à la perte de compétitivité de l’Ile-de-France : ce projet moteur doit offrir un cadre de vie et un cadre de travail attractifs, mais aussi une offre scolaire et universitaire. »