En crise depuis le vote de la Loi de finances 2018, les CCI vont devoir revoir leur modèle en profondeur pour survivre face aux annonces de Bercy de ce mardi 11 juillet, avec à la clé 400 millions de baisse de dotations pour les Chambres.

Le Président de CCI France Pierre Goguet entrevoit déjà le bras de fer que les Chambres vont devoir mener avec le gouvernement et les temps difficile qui s’annoncent pour les CCI françaises si elles espèrent survivre à ce sérieux coup de massue. Bruno Le Maire voit lui une restructuration nécessaire du réseau consulaire afin de recentrer les missions prioritaires d’ici à 2022. En contrepartie le Ministre de l’Économie explique que la baisse du plafond de la taxe affectée aux CCI sera intégralement rendue aux entreprises, ce qui permettra de baisser significativement les impôts des entreprises.

Bruno Le Maire veut préserver par une nouvelle taxe la création d’entreprise, l’accompagnement lié à l’exportation ou encore identifier et aider les entreprises en phase de transmission notamment dans les territoires les plus éloignés des grandes villes. Le Ministre souhaite aussi qu’au rang des missions secondaires à préserver, les formations en école de commerce soient maintenues, de même que la représentation.

Bruno Le Maire confirme vouloir modifier l’organisation territoriale des réseaux pointant des «logiques de baronnies qui vous desservent tous et qui nous desservent tous collectivement. Je pense qu’il faut restructurer de manière très profonde l’organisation des CCI pour qu’elles retrouvent le prestige et l’efficacité qui ont toujours été les leurs et qui vous feront regagner la confiance totale de nos concitoyens.»

Il souhaite aussi renforcer la prise de choix au sein de CCI France pour avoir «un rôle de pilote et de maître d’oeuvre dans les territoires. CCI France devrait donc, à mon sens, avoir une autorité renforcée pour le contrôle des missions financées par la taxe. Elle devrait avoir une capacité d’affectation de la taxe entre les différentes CCI régionales.»

Plus de 2500 licenciements pourraient avoir lieu pour réduire les dépenses

Si le Ministre à la tête de Bercy a souligné que la transformation était le principal objectif, il admet que cette baisse de 400 millions d’euros de revenu va occasionner nombre de licenciements, une épine douloureuse pour les CCI qui vont devoir décider des postes à supprimer, tout en maintenant leur activité.

Bercy souhaite rester flou sur les départs de personnel, un récent rapport évoquait une réduction d’effectifs de l’ordre de 2500 employés sur 31000, un chiffre qui pourrait être au final plus élevé avec ces réductions annoncées. Pierre Goguet, le Président de CCI France, souhaite que les employés lésés puissent bénéficier du régime général du chômage.

Pierre Goguet s’est montré très méfiant expliquant que : «Le ministre n’était prescripteur d’aucun modèle d’organisation de réseau. Nous avons le sentiment que nous sommes dans une phase de pilotage politique et non technocratique. Nous avons senti une prise en compte des difficultés.».

L’affaire est loin d’être close et risque d’entrainer de nouvelles discussions au sein des CCI pour explorer des pistes de maintien face à ces coupes, comme notamment celle de développer leurs offres de services et prestations (voir notre précédent article) ou encore celle de fusionner avec les Chambres des métiers (voir cet autre article).