Bucher Vaslin, spécialisée dans la fabrication de matériel dédié à la viticulture, fait le choix de l’innovation

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Lorsque, sur un marché donné, la principale technologie utilisée change, il est assez rare de voir la même société conserver une position dominante. C’est pourtant le cas de Bucher Vaslin, basée à Chalonnes-sur-Loire (département français du Maine-et-Loire) et spécialisée dans la fabrication de matériel dédié à la viticulture. Lorsque les Constructions mécamétalliques chalonnaises sont fondées en 1945, elles ne construisent que des machines à arracher le chanvre dans la vallée de la Loire – notamment pour les agriculteurs des îles de Chalonnes. Deux ans plus tard, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) nouvellement créé démontre dans une étude scientifique qu’il suffit de couper le chanvre plutôt que de l’arracher. En coupant le chanvre, on fauchait l’activité de la société naissante.

 

Une riche histoire
En 1947, l’entreprise rachète l’activité artisanale de construction de pressoirs horizontaux Vaslin et s’organise pour en faire une activité industrielle. C’est son deuxième départ, qui cette fois sera le bon ! L’entreprise demeure indépendante jusqu’en 1973, date à laquelle l’Institut de développement industriel (IDI) entre dans son capital en compagnie de l’Institut de participation de l’Ouest (IPO) et de la Société régionale de développement (Sodero), puis de la société Leroy-Somer. La reprise de la société Coq, productrice de pressoirs continus et de machines à vendanger, conduit à dix années difficiles pour la société : la fusion est ardue et les chocs pétroliers des années 1970 n’arrangent rien. Le gouvernement de l’époque met en place des aides à l’investissement agricole entraînant d’abord une explosion, puis une chute des investissements vinicoles.

 

Coq doit cesser ses activités en 1980. Entre 1983-1984, la société prend le nom de CMMC et se concentre à nouveau sur son cœur de métier en renouvelant sa gamme de pressoirs. En 1986, l’Institut de développement industriel et ses trois coactionnaires cèdent CMMC au groupe suisse Bucher, qui décide aussitôt de transférer intégralement son activité de pressurage pneumatique de raisins à Chalonnes-sur-Loire. Devenue Vaslin Bucher en 1994, la société se dénomme Bucher Vaslin dès 2006. Son modèle économique repose sur deux caractéristiques principales. La première apparaît clairement en suivant le fil historique de la société : Bucher Vaslin a orienté son développement géographique autour d’un réseau de distribution avec des correspondants locaux. Ces concessionnaires liés par un contrat d’exclusivité sont chargés de la commercialisation des produits et du service à la clientèle.

 

Développement de technologies de pointe
L’entreprise née à Chalonnes-sur-Loire a pu se développer dans toute la région jusqu’à couvrir toute la France dès la fin des années 1950. L’entreprise exporte ensuite en Allemagne, en Espagne, en Italie puis au Japon dès 1960. Depuis cette époque, elle est numéro un mondial du pressoir horizontal, puis devient celui du pressoir pneumatique. La deuxième caractéristique de Bucher Vaslin – et aussi la principale raison de son succès – réside dans sa propension à innover. Outre les pressoirs et les égrappoirs, la société développe en effet pour la viticulture des technologies de pointe, telles que la filtration tangentielle des vins et des bourbes ou le tri optique des raisins.

 

Son équipe de recherche et développement intégrée compte une quarantaine de personnes et a passé de nombreux accords de partenariats avec différentes institutions de recherche et universités à travers le monde : Inra (France), Institut universitaire de la vigne et du vin (IUVV) de Changins (Suisse), université de Piacenza (Italie), université de Californie à Davis – communément appelée UC Davis –, entre autres. Les équipes de recherche trouvent des solutions pour les vignerons, mais écoutent aussi les inventeurs. Ce qui a amené Bucher Vaslin à racheter des brevets et à signer des partenariats de licence. « Nous ne déposons les brevets que quand ils ont atteint le niveau européen, car le brevet européen est reconnu pour sa qualité », précise Jean-Pierre Bernheim, 62 ans, ingénieur, docteur en mécanique des fluides et PDG de la société depuis avril 1983.

 

Quatre lignes de produits
Grâce à ses propres inventions et aux brevets rachetés, Bucher Vaslin propose aujourd’hui quatre grandes lignes de produits : Delta, Bucher, Flavy et Cascade. Delta regroupe les technologies liées à la préparation du raisin du moment où il est récolté jusqu’à son arrivée au pressoir. Bucher comprend des pressoirs pneumatiques et des pressoirs verticaux – spécialement pour le vin rouge – pouvant presser de 300 kg à 200 tonnes de raisin. Flavy utilise les techniques membranaires dont la filtration tangentielle du vin, des moûts de raisin et des fonds de cuve, et Cascade est un système de traitement de dépollution des eaux de cave.

 

Plus d’informations sur www.buchervaslin.com

 

Chiffres clefs
• Fondée en 1945
• 370 salariés, dont 280 à Chalonnes-sur-Loire, 50 à Rivesaltes, 27 à Santiago (Chili), 10 à Romans d’Isonzo (Italie), 10 à Sebastopol (Californie, États-Unis) et 3 à Melbourne (Australie)
• 3 usines dont 2 en France et 1 au Chili
• Ventes réalisées dans 40 pays
• Chiffre d’affaires consolidé en 2009 : 50 millions d’euros
• Part des exportations dans le chiffre d’affaires 2009 : 60 %
Source : Bucher Vaslin SA – décembre 2010