Cher député, je t’invite dans mon entreprise pendant une semaine

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Palais%20bourbon
Benedicte de Beaufort, délégué général d’Entreprise et Progrès et professeur à HEC.
Entreprise et Progrès qui regroupe plus de 120 sociétés a lancé, le 5 mai dernier une initiative réservée au Palais Bourbon. Pour pallier le manque de pragmatisme des lois concernant les entreprises, l’association propose aux députés de se rapprocher du terrain et donc des réalités. Bénédicte de Beaufort, déléguée générale d’Entreprise et Progrès et professeur à HEC revient pour CI sur ce programme qui a déjà séduit plusieurs parlementaires, comme par exemple, François De Rugy.

 

 

Bénédicte de Beaufort, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste exactement cette initiative ?

 

A l’origine, en 2013, nous avions lancé le chantier de réflexions « Comment réussir les mutations ». Des petits-déjeuner et d’autres types de rendez-vous entre les dirigeants et les parlementaires en ont découlé. Lors de ces rencontres on s’est rendu compte de la motivation des deux parties pour apprendre à mieux se connaître. L’initative « Moi, parlementaire, une semaine dans les pas d’un PDG » est née.

Nous proposons donc aux parlementaires de passer une semaine auprès d’un dirigeant, de le suivre sur son lieu de travail. L’homme politique participera aux réunions stratégiques, abordera avec son binôme les problématiques liées aux investissements, aux licenciements, etc… Nous nous chargerons de trouver l’entreprise qui correspond le mieux au député. 

 

 

Quel intérêt a votre association à tenter de réconcilier les mondes de l’entreprise et de la politique ?

 

L’association Entreprise et Progrès, lancée en 1970 par le président de L’Oréal François Dalle , place l’homme au cœur de la société. Elle vise à défendre l’idée que le progrès économique est indissociable du progrès social et inversement. Un des objectifs est d’améliorer le code de la personne au travail. Composée de 120 dirigeants, Denis Terrien, Président du Groupe 3SI, dirige l’association.

Nous savons que les lois sont inadaptées au monde du travail, comme certaines rigidités ou l’interdiction de travailler le dimanche qui fait perdre à certaines entreprises 25%. Je rappelle que près de 86% des députés n’ont jamais été chef ni même employé d’une société. Dans notre contexte de crise, où la croissance et l’emploi deviennent les priorités absolues, il est important d’agir et de remédier à ce problème… Le tête à tête est la meilleure des solutions.

 

 

La manœuvre semble avoir séduit déjà à l‘Assemblée. Mais une semaine, ce n’est pas un peu court pour comprendre les rouages d’une entreprise ?

 

Bien sûr, mais ce n’est qu’un début. L’action a été lancée lundi 5 mai. Les députés de Côte d’Or Laurent Grandguillaume, du Morbihan Hervé Pellois, de Loire Atlantique François De Rugy et une dizaine d’autres de tous horizons politiques se sont déjà inscrits. Nous les suivrons durant leur semaine, et attendrons leur retour d’expérience.

 

 

A l’heure où les gens sont envieux de ces hommes politiques qui gagnent très bien leur vie, allez-vous veiller à ce que ces stages se déroulent pendant les vacances parlementaires ?

 

Evidemment. Ces stages s’organiseront selon les agendas de chacun et pour la plupart ils devraient démarrer en juillet prochain, pendant les vacances parlementaires.