Cloud computing: la fin des serveurs locaux?

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L’hébergeur OVH a suivi le mouvement, il y a plus de deux ans. « Au départ c’était un besoin, en interne. Une fois nos solutions cloud développées, il nous a semblé logique de les adapter, puis de les commercialiser », se souvient Hélène Caraux, 27 ans, chef du projet pour l’hébergeur. Résultat? Une solution cloud complète, mettant à disposition des serveurs et des espaces de stockage via des accès privatifs. Un premier partenariat avec VMware, leader sur le marché de la virtualisation, enclenche la seconde. En hébergeant plusieurs sites sur un même serveur, en cluster, et en mutualisant les ressources et les réseaux, OVH faisait du cloud avant le cloud depuis six ans.

 

Pour mettre en place cette dématérialisation des données, OVH a investi 10 millions d’euros en réseaux et systèmes de sécurité, technologie Cisco à l’appui. Le cloud connaît déjà un certain succès: le site dédié au mariage du prince de Monaco a opté pour cette solution, de grandes entreprises se tournent, elles, pour des applications de gestion de stocks. Les services en cloud proposés par l’hébergeur, tout comme la demande des clients, connaissent « une croissance exponentielle », même si la principale activité d’OVH reste l’hébergement classique de sites web. Pour preuve, 4 000 serveurs sur 100 000 au total sont dédiés au service émergent.

 

Cependant, il faut faire face à une concurrence rude, essentiellement américaine. Amazon ou Rackspace raflent le marché. « Il y a un net avantage à faire appel à un prestataire français. Aux États-Unis, la confidentialité des données est menacée par le Patriot Act, un dispositif juridique qui autorise l’accès à tout serveur privé en cas d’atteinte à la sécurité de l’État », précise Hélène Caraux. Pour pallier ce problème, les serveurs d’OVH situés sur le territoire français, à Roubaix – son siège social –, Paris ou Strasbourg sont de fait à l’abri. L’autre avantage? Le service client est assuré en français et aux heures locales, et peut même déclencher un processus d’astreinte la nuit et les week-ends et jours fériés.

 

Fini l’effet de mode. Aujourd’hui 10% des entreprises font appel à cette solution de stockage, un pourcentage qui devrait doubler d’ici l’an prochain. Même le gouvernement américain a décidé d’utiliser le cloud computing pour ses informations. Autre évolution, Microsoft Exchange a développé une solution e-mail dans les nuages. Un succès qui s’explique par la possibilité des solutions en cloud d’évoluer à tout moment. L’espace de stockage peut ainsi croître à la demande, sans qu’il soit besoin de brancher et débrancher une machine, donc sans interruption. Si le procédé peut sembler incertain aux yeux de quelques-uns, la fiabilité de ce service approche pourtant les 100%.

 

Si un serveur tombait en panne, les informations seraient automatiquement basculées vers un autre. Une entreprise ne risque plus de perdre une demi-journée de travail. Des arguments de poids pour les 400 000 PME clientes d’OVH, dont beaucoup œuvrent sur Internet. Externaliser la sauvegarde de leurs fichiers leur permet de payer une somme mensuelle et d’éviter des pics d’investissements importants. Au final, leurs coûts généraux baisseraient de 30% (d’après les calculs d’OVH).

 

Restent les entreprises du CAC40 encore frileuses à l’idée de se perdre dans les nuages. « Cette année, nous avons gagné plusieurs clients « grands comptes ». Pour les rassurer, nous leur proposons d’utiliser de toutes petites infrastructures pour commencer. Elles peuvent ainsi vérifier la sécurité des données, tester la durée de vie, etc. Les premiers clients de ce type sont aujourd’hui satisfaits », détaille Hélène Caraux. D’ici octobre prochain, OVH va enfoncer le cloud, avec trois nouveaux services seront proposés aux clients.