L’institution a publié son dernier rapport sur la croissance mondiale et envisage 3.7% d’augmentation de la croissance dans le monde pour l’an prochain après 3.6% de croissance cette année.

L’Organisation de Coopération de Développement Economique (OCDE) confirme la bonne tendance qui se poursuit et se renforce. Cette confirmation réjouit le monde économique après la crise traversée pendant de nombreuses années dans le monde entier.

Les experts pronostiquent une augmentation du PIB mondial de 3.6% pour 2017, et 3.7% pour l’année suivante. De plus cette augmentation ne concerne pas seulement quelques pays riches mais bénéficie également aux pays les plus en difficultés. La progression sera plus importante qu’en 2016 qui n’avait atteint que 3.1%.

La zone euro montre l’exemple en occident, avec une progression plus forte qu’aux États-Unis

En occident c’est la zone euro qui montre l’exemple avec 2.4% de croissance sur 2017 et 2018, soit une progression de 0.6% et 0.3% par rapport au dernières prévisions de juin, contre 2.1% attendue pour 2017 et 2018 pour les États-Unis. La France devrait enregistrer ainsi une progression de 1.8% pour 2017 et 2018, et 1.7% pour 2019, l’Allemagne elle devrait progresser de 2.3% pour 2018 et 1.9% pour 2019. Le Royaume-Uni devrait atteindre seulement 1.2% de croissance l’année prochaine et 1.1% en 2019.

Le rapport met également en lumière le fait que cette reprise montre des signaux positifs à tous les niveaux: le commerce mondial a repris, l’investissement est reparti, les carnets de commandes se remplissent, les créations d’emplois s’accélèrent. La consommation des ménages repart même à la hausse.

Les investissements effectués par la Chine stimulent la reprise dans les pays émergeants et en voie de développement, particulièrement en Asie, notamment pour les exportations de matières première.

L’OCDE craint tout de même que la croissance s’écroule dès 2019 si les politiques économiques stagnent

«Cet élan harmonisé va-t-il, en fin de compte, propulser l’économie mondiale à une vitesse suffisante pour élever la productivité, les salaires réels et les conditions de vie de tous ?» se questionne l’américaine Catherine Mann, économiste en chef de l’OCDE.

Cette question n’est pas anodine et montre surtout que l’OCDE s’interroge dans ce rapport sur la solidité de cette embellie. Le regain d’activité est certes présent, mais celui-ci a moins de vigueur en comparaison des reprises suites aux crises antérieures et même les pays émergeants enregistrent des taux de croissance plus faibles que dans le passé. Le constat est inquiétant sachant à quel point les pays émergeants sont un moteur pour faire progresser l’économie mondiale, d’autant plus qu’une crispation économique est crainte pour la Chine depuis de nombreux mois.

Pour l’OCDE le niveau des investissements restent insuffisant, de même que la croissance des échanges commerciaux. Et c’est au niveau de l’emploi que la progression est la plus inégale, selon les pays et même d’un point de vue régional. La baisse de chômage cache aussi des emplois plus précaires et avec des salaires plus faibles, surtout pour les personnes les plus en difficulté. L’institution alerte également sur les dettes des ménages et entreprises qui restent bien plus fortes que par le passé.

Cette dette n’est pas un danger immédiat mais pourrait avoir des conséquences dramatiques en cas de remontée rapide des taux d’intérêts. Et les marchés financiers qui enregistrent records sur records font craindre une politique de l’autruche des institutions boursières.

Catherine Mann pense que «les décideurs doivent impulser des changements plus profonds dans leurs politiques pour accélérer l’investissement, la productivité, la hausse des salaires réels et rendre la croissance plus inclusive» et met en garde face au risque de voir la croissance s’écrouler en 2019.