Dans le domaine de la sécurité au travail, la gestion des risques doit se situer au cœur de l’organisation

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« Nous ne parlons pas de règles à respecter, mais de risques à éviter. » L’auteur de ces propos est Alberto Mastelli, vice-président pour le « business development » en Europe de BST, un groupe spécialisé dans l’amélioration de la sécurité au travail. « L’objectif n’est pas de juger l’entreprise pour sa politique de sécurité ; il faut susciter des prises de conscience et faire évoluer les mentalités », poursuit-il. Cette distinction constitue le fondement de l’offre de sa société. « Notre but est de collaborer étroitement avec le client à travers une analyse poussée, de sorte que lui-même remarque ses points d’amélioration en termes de sécurité. » BST a été fondée en Californie en 1979. Le groupe s’est beaucoup développé aux États-Unis. Son approche atypique du métier lui a ensuite assuré une importante expansion en Europe, mais aussi en Afrique du Sud, au Moyen-Orient, en Asie et en Australie. Le groupe vient d’ouvrir un bureau à São Paulo, au Brésil. « Nous sommes présents dans la plupart des pays industrialisés », ajoute Alberto Mastelli.

 

L’offre de BST s’est développée à partir de la méthodologie BAPP® (Behavioral Accident Prevention Process), « une méthode très performante pour prévenir les situations à risques, que nous sommes les seuls sur le marché à offrir », explique le vice-président. Cette recette séduit. 2 000 sites de production la mettent actuellement en œuvre, un demi-million de personnes en bénéficient. Le taux de succès dépasse 90 %. Sur la base de cette méthodologie, BST a développé un concept plus systémique qui englobe la méthodologie BAPP ; ce concept est appelé Leading with Safety®. Pour identifier au mieux les dangers relatifs aux postes de travail, les opérateurs se rendent sur le terrain pour observer en détail les systèmes et l’utilisation des procédures ainsi que les comportements des autres opérateurs. Alberto Mastelli explique qu’il s’agit « d’être avant tout à l’écoute de nos interlocuteurs pour établir un feed-back positif permettant de comprendre le pourquoi des gestes à risques ». BAPP repose sur cet état d’esprit. « La reconnaissance du risque est flagrante, cependant il n’est pas forcément évident pour le client de comprendre quels sont les changements à adopter, et pourquoi il est important de les mettre en œuvre », précise le dirigeant. C’est pourquoi la démarche Leading with Safety® consiste d’abord à analyser la situation avec les comités de direction. BST travaille avec l’ensemble de l’organisation pour développer une approche systémique partagée de la sécurité avec les dirigeants, l’encadrement intermédiaire et les opérateurs.

 

Ce travail préalable avec les responsables s’avère indispensable pour une approche véritablement constructive ; c’est aussi cette approche qui permet d’obtenir des résultats rapides et plus que probants. Pour tendre vers davantage de sécurité, d’efficacité et de meilleures conditions pour les salariés, BST se propose de renforcer la culture sécurité du site de production. « La conséquence d’un changement de fond est souvent une plus grande motivation des employés et une productivité améliorée », souligne Alberto Mastelli. De plus, l’image de l’entreprise en sort revalorisée. Il confie que « plus qu’une société spécialisée dans la gestion du risque au travail, nous nous décrivons comme une entreprise offrant des services qui changent la culture d’un groupe en utilisant la sécurité comme vecteur fédérateur ». Les raisons du danger au travail sont variées. De l’incitation au risque provenant de l’existence de primes à la productivité au manque ou à la mauvaise utilisation des installations et des équipements, BST fait face à toutes sortes de situations. « Nous nous efforçons d’offrir les meilleurs moyens pour améliorer les résultats de sécurité. » Les clients de BST sont de grands groupes internationaux que l’entreprise suit dans leur démarche de globalisation. « Notre métier est de les aider à aller plus loin dans l’amélioration de la sécurité, explique le vice-président. Il s’agit principalement de sociétés dans la chimie, la pétrochimie, la sidérurgie et l’énergie. » À l’avenir, Alberto Mastelli souhaiterait développer les activités de BST dans d’autres secteurs comme le bâtiment et l’industrie forestière, où les accidents restent fréquents. « Il existe encore beaucoup d’a priori et de négligences concernant la gestion du risque au travail. Les cultures ne se modifient pas du jour au lendemain, mais de nombreux dirigeants ont déjà changé leur approche. »