Denis Gosselin, Pôle Québec Chaudière-Appalaches: « Nous misons sur les clusters »

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Pour doper son développement économique, les régions de Québec et Chaudière-Appalaches se sont dotées, il y a quelques années, d’une agence mettant en partenariat les entreprises et les institutions publiques régionales. Une recette qui semble porter ses fruits.

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Depuis le début de l’année, la région affiche le deuxième taux de chômage le plus bas au Canada (un peu plus de 4 %) et a vu ses investissements en immobilisation croître au rythme de 11,2 % au cours des cinq dernières années pour atteindre 9 milliards de dollars, soit 5,6 milliards d’euros (alors que la moyenne provinciale est de 5 %). L’agence de développement économique pour la grande région métropolitaine de Québec, dite Pôle Québec Chaudière-Appalaches (QCA), a été fondée il y a six ans. Elle résultait à l’époque de la fusion d’organismes préexistants, fusion voulue par les entreprises et les structures gouvernementales de la région. Son rôle est de créer de la richesse collective en mettant en œuvre trois types d’action. Le premier est l’animation de filières technologiques ou économiques.

 

« Nous adoptons pour ce type d’action une approche de grappe industrielle, c’est-à-dire de pôle de compétitivité, de cluster », explique Denis Gosselin, vice-président pour la promotion et la prospection des investissements du Pôle QCA. Il s’agit de créer des synergies entre les laboratoires, les universités, les entreprises, les institutions gouvernementales régionales et tous les autres acteurs au sein d’un même secteur. Des conventions de collaboration avec le BRA (Agence de développement économique Bordeaux-Gironde) en France, ou encore avec les agences de développement économique des régions de Calgary en Alberta et de Winnipeg au Manitoba – deux régions-locomotives du Canada – jettent ensuite des ponts à l’échelle nationale et internationale par la mise en place de corridors d’affaires. Trois secteurs industriels sont particulièrement visés pour dynamiser le développement économique de la région sans pour autant négliger les autres : les technologies appliquées, la santé / nutrition et les matériaux et technologies environnementales. Les technologies appliquées concernent, au total, 400 entreprises et 11 000 emplois dont 2 700 en recherche (huit centres de recherche), et représentent un chiffre d’affaires d’1,4 milliard de dollars canadiens (soit près de 900 millions d’euros). Le secteur santé et nutrition regroupe de son côté 120 entreprises, dont 44 en sciences de la vie et implique plus de 5 000 emplois dont 3 000 en recherche (six centres ou groupes de recherche). Il représentait en 2008 un chiffre d’affaires d’1,3 milliard de dollars canadiens (820 millions d’euros).

 

Enfin, le secteur des matériaux et des technologies environnementales est, de loin, le plus important de la région : il compte 1 330 entreprises, 37 475 emplois dont 996 en recherche (vingt-et-un centres ou groupes de recherche) et représentait en 2008 un chiffre d’affaires de 7,8 milliards de dollars canadiens (environ 5 milliards d’euros). Le Pôle QCA se charge aussi de la promotion de la région (en travaillant en partenariat notamment avec les médias et les CCI) et de la prospection d’investisseurs étrangers. Le but est de promouvoir le Québec comme terre d’accueil pour les entreprises intéressées par une implantation et un développement économique au sein du continent nord-américain. Les avantages en la matière sont nombreux : coût d’implantation peu élevé, forte concentration de travailleurs qualifiés (Québec est la région au Canada qui possède le plus grand nombre de chercheurs par habitant), nombreux programmes de crédit d’impôt à la R&D, qualité de vie indéniable… Cette politique de promotion et de compétitivité semble porter ses fruits : malgré la crise, les entreprises continuent de s’implanter à Québec, comme les groupes français Thales et Wyde Solutions qui créent des dizaines d’emplois depuis leur arrivée au mois de janvier, et de développer des partenariats avec, par exemple, le géant pharmaceutique Sanofi-Aventis qui a conclu une entente pour le développement et la commercialisation d’un nouveau médicament d’une valeur de 165 millions de dollars canadiens (103 millions d’euros) avec une entreprise biotech de Québec.

 

Chiffres clefs

 

• Fondé en 2003
• 35 collaborateurs
• Budget 2008 : 7 millions de dollars canadiens (4,5 millions d’euros)
• Financement : fonds publics à 80 % (État canadien, Province de Québec, municipalités de Québec et Lévis…) et ressources propres à 20 %
• Classée parmi les 10 meilleures agences de développement économique au Canada en 2007 et 2008 du palmarès publié par le Site Selection aux États-Unis