Didier Bisson, dirigeant de SIT GROUP: « Les produits de financement par cession de créances commerciales deviennent de plus en plus intéressants »

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Grâce à l’évolution de l’entreprise Sit, qu’il a fondée en 1986, et à sa longue expérience du domaine, Didier Bisson apporte aujourd’hui une expertise pointue et pertinente sur l’environnement financier.

 

Commerce International : Quels sont les changements réglementaires récents portant sur les banques, et en quoi affectent-ils les entreprises ?

 

Didier Bisson : « Depuis 1988, une réglementation visant à garantir la solidité du système bancaire oblige les banques à couvrir leurs actifs risqués par des fonds propres. La réforme, dénommée “Bâle II”, a pour objectif de rendre la quantité requise de fonds propres plus sensible à la réalité des risques assumés par les banques. Ces dernières devront donc mieux évaluer leurs risques selon le degré de risque présenté par leur client. Entre autres, une prise en compte des risques clients plus importante, une plus grande différenciation tarifaire, une négociation commerciale plus poussée (durée, garanties)… Ainsi les banques connaissent aujourd’hui une profonde évolution de leur environnement réglementaire. La réforme en cours mérite une attention particulière. Les répercussions sur les relations banques/entreprises ne seront pas négligeables. »

 

Dans ce contexte, des solutions comme celles que vous offrez, constituent une aubaine.

 

D. B. : « Tout à fait. Mais trouver le bon interlocuteur pour externaliser la gestion de son poste “client” n’est pas chose aisée. Grâce à une longue expérience et une offre diversifiée, SIT Group propose une gamme de produits qui répond à tous les cas de figure, au travers d’une approche personnalisée. Plusieurs solutions sont proposées pour optimiser la gestion du poste “client” et mobiliser ce dernier. Chaque cas est particulier, il faut avant tout écouter, et déterminer le produit le plus adapté au besoin de l’entreprise. L’affacturage en gestion dé-léguée intéresse beaucoup les entreprises, car celles-ci peuvent alors conserver la relation avec le client. Dans ce cas, sur les factures, une mention de subrogation indique que l’entreprise a confié sa gestion du poste Client à une organisation extérieure, mais le client continue à régler directement l’entreprise. Pour que ce type d’affacturage soit mis en place, il faut généralement que le chiffre d’affaires annuel avoisine les 5 millions d’euros. SIT Group propose cette option dès 2 millions d’euros. Une offre similaire est faite pour l’affacturage confidentiel, cas où aucune mention de subrogation ne figure sur les factures. Le débiteur ne sait donc pas que l’entreprise a souscrit un contrat de cession de créances commerciales. »

 

En quoi l’affacturage confidentiel que vous proposez est-il intéressant ?

 

D. B. : « Nous proposons ce service aux sociétés qui réalisent 3 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, alors qu’il faut généralement atteindre 7 à 12 millions d’euros chez beaucoup de “factors” pour en bénéficier. Notre client le plus important mobilise aujourd’hui plus de cinquante millions d’euros d’encours sur la France et à l’export. Il est intéressant aussi de préciser que des entreprises se situant entre 3 et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel ne voient pas toujours l’avantage d’être en affacturage confidentiel et ne souhaitent pas non plus l’externalisation totale de cette activité. La gestion déléguée constitue alors souvent une alternative intéressante. Certains optent pour un affacturage total, où les débiteurs effectuent leur règlement directement chez le “factor” qui se charge des relances, du recouvrement, qui gère les encours et enregistre les opérations. »

 

La cession de créances commerciales apporte-t-elle plus de souplesse à l’entreprise ?

 

D. B. : « Oui. Les produits dits de financement par cession de créances commerciales deviennent de plus en plus intéressants dans la mesure où, aujourd’hui, les banques limitent considérablement les lignes d’encours pour les entreprises. Nous permettons ce qu’elles ne permettent pas. Quand une entreprise est en difficulté, comme dans des cas de redressement judiciaire, elle peut se retrouver sans financement pendant plusieurs mois. Dans ces périodes, même les banques spécialisées ont une offre assez limitée. Elles ne financent qu’une partie du poste “client”. Là encore, nos services sont un recours intéressant. Dans ces cas, nous intervenons sans réticence. En cas de forte croissance, les lignes bancaires sont le plus souvent plafonnées et l’entreprise est confrontée à la même problématique. À noter aussi que ce type de produit s’amortit souvent très bien, notamment pour les entreprises du négoce ou de la fabrication, dont le poste “achats” représente un volume significatif. Pour des chiffres d’affaires importants, c’est même une source de gains. »

 

En dehors de l’affacturage, quelles solutions proposez-vous ?

 

D. B. : « Le financement de la balance clients est une alternative offrant d’autres avantages. C’est une solution appropriée pour les entreprises non éligibles en affacturage du fait d’une taille moyenne, de factures très petites, et qui ont souvent un nombre très élevé de clients à gérer. Le coût d’un affacturage est dans ce cas exorbitant. En confidentiel, ce produit intéresse aussi les entreprises : il n’y a pas de cession physique de facture ; la gestion comptable, le recouvrement et l’encaissement des règlements restent la responsabilité de l’entreprise. SIT Group offre aussi la possibilité d’obtenir un financement à court terme par titrisation. Ce type de financement ne crée pas de perturbation dans l’environnement commercial et financier de l’entreprise. Il intervient en complément des lignes bancaires existantes. Lorsque le chef d’entreprise juge inopportune la mise en place d’un contrat d’affacturage, cette formule apporte une optimisation de la gestion de trésorerie par l’utilisation d’un fonds commun de créances multicédant. Ce produit est réservé aux entreprises bien organisées sur un plan administratif et financier. Les opérations se passent hors circuits bancaires classiques (ligne entre 50 000 et 750 000 euros). Une banque prend un risque sur l’entreprise. Notre prise de risque porte sur l’ensemble de ses débiteurs, ce qui dilue le risque. L’opération est ainsi moins fragile. »

 

Votre longue expérience de ce domaine vous donne-t-elle une position privilégiée ?

 

D. B. : « Avec le temps, nous avons pu tisser des liens étroits avec de multiples partenaires. Nous sommes mandatés par de nombreux acteurs de la place. À partir de données comme le bilan, le chiffre d’affaires, le nombre annuel de clients et de factures à gérer, nous pouvons déterminer rapidement quel est le produit le plus adapté pour l’entreprise, et quels partenaires sont les plus à même de l’intéresser. Notre connaissance du secteur constitue un atout essentiel synonyme de gain de temps et d’argent. SIT Group est également spécialisé dans la mobilisation des créances export en s’appuyant sur des partenaires très spécialisés qui ont une vue globale de par une forte implantation internationale. Nos liens avec des assureurs crédit performants sont indispensables pour offrir une bonne couverture du risque client, donc un financement important pour couvrir les besoins de l’entreprise. »