DIHK – Hausse d’impôt : pour 1 % de plus, 200 000 emplois en moins

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La fiscalité et les hauts revenus sont au coeur du débat électoral allemand. La DIHK, la fédération des CCI allemandes, estime qu’en cas de victoire, les partis de l’opposition mettraient en péril l’équilibre économique du pays et l’emploi en augmentant l’imposition des dirigeants des PME, soit 90 % des entreprises allemandes- .

La campagne électorale bat son plein. L’opposition et les partis de la majorité gouvernementale se livrent bataille sur trois fronts : une  hausse du taux d’imposition des plus hauts revenus, un relèvement des droits de succession et  une majoration de l’impôt sur le patrimoine.                        

S’ils venaient à remporter les législatives de septembre, les partis de l’opposition sociaux-démocrates (SPD) et des Verts (Bündnis 90 / Die Grünen ) augmenteraient le taux actuel d’imposition de 42 à 49 % pour les revenus annuels supérieurs à 64 000 euros pour un célibataire, à 124 000 euros pour un couple.                                                                                                         

Selon les projections du ministère de l’Economie, cette mesure devrait rapporter trois milliards d’euros supplémentaires à l’Etat, seize autres milliards étaient récoltés au travers d’un relèvement des droits de succession et 7,5 milliards par d’autres mesures, comme la modification de la fiscalisation des véhicules d’entreprises.

 

 

1,4 million d’emplois menacés

Autant de propositions qui suscitent une levée de boucliers chez les dirigeants des sociétés en nom propre – soit 90 % des entreprises allemandes et particulièrement ceux constituant le fameux Mittelstand, ces PME de structures familiales, performantes et bien souvent exportatrices dont  Eric Schweitzer, président récemment élu de la DIHK, la fédération des CCI allemandes, se fait le relais. « Chaque point d’augmentation du taux d’imposition signifiera la disparition de 200 000 emplois », prévient-il, rappelant que ces chefs d’entreprise constituent la colonne vertébrale de l’économie allemande. « Ces entreprises sont  la force de notre pays et créent 60 % des emplois. À noter qu’elles réinvestissent 80 % de leurs bénéfices. Une hausse d’impôt, qu’elle soit sur le revenu, sur le patrimoine ou sur les droits de succession, signifie moins de bénéfice et donc moins d’investissement, et par conséquent moins d’emplois“, poursuit-il.                                                                              

Lapidaire, la DIHK estime à 200 000 la perte d’emplois induite par toute augmentation d’un point de l’impôt sur le revenu. La mise à exécution du projet des sociaux-démocrates et des Verts induirait la disparition d’1,4 million d’emplois. Au-delà de l’impact sur le marché du travail, Eric Schweitzer redoute un ralentissement des investissements des chefs d’entreprise dans des secteurs périphériques à leur activité comme l’immobilier ou encore les énergies renouvelables. « Des diversifications générant de la croissance dans d’autres secteurs et garantissant des emplois », note-t-il. 

 

 

 

Références hexagonales

Eric Schweitzer, dirigeant lui-même une entreprise familiale (Alba) rappelle qu’ « aucune PME ne rémunère un dirigeant plus qu’il ne le faut. » Le débat suscité par les sociaux-démocrates qui souhaitent supprimer la déductibilité des revenus des dirigeants ne rencontre pas davantage la faveur du président de la DIHK. « Cela amènerait de facto à une imposition de 65 %. Une telle situation à la française inciterait les meilleurs dirigeants à quitter le pays ! » Une position réaffirmée par la fédération des PME, la BVMW.  À l’heure actuelle,  10 % des contribuables allemands paient 55 % du volume global de l’impôt sur le revenu, dans un pays où le revenu annuel moyen par individu est de 28 300 euros.                                                                                            

Curieusement, la France s’invite une deuxième fois dans le débat. Cette fois de façon indirecte dans le programme du parti des Verts (Bündnis 90 / Die Grünen). Ceux-ci s’inspirent du dispositif français dans leur projet de mise en place d’un crédit d’impôt recherches. Leur projet prévoit en effet que les entreprises de moins de 250 salariés obtiendront un crédit d’impôt de 15 % sur leurs dépenses en Recherche. S’en suivent également d’autres mesures d’allègement à l’intention des PME, que les Verts entendent protéger comme des abattements pour les entrepreneurs qui réinvestiront leur bénéfice dans l’entreprise.