Dossier Amérique du Sud – Les vins du nouveau monde

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Grâce à un marketing intelligent et à une labellisation claire pour que le consommateur puisse s’y retrouver, ces vins séduisants se sont déjà bien positionnés sur le marché international au détriment des vins français. À ce propos, le ministère des Finances vient de commander un rapport alarmant sur la situation de la compétitivité de la France dans ce domaine !

Selon ce rapport, les vins français sont « arrogants » et trop compliqués. Il faudrait renforcer la qualité et le marketing, avoir des lois plus souples et, surtout, simplifier les vins en indiquant le cépage, en tout cas pour les vins de catégorie moyenne. Les grands crus n’ont pas besoin de publicité.
Dans une fourchette de 5 à 10 euros (33 à 65 F), les vins du Nouveau Monde sont d’un excellent rapport qualité/prix. Ils comptent déjà pour 1 ou 2 % de la consommation en France. Les vins chiliens par exemple comptent quatre fois plus de vente à l’export depuis deux ans. Il faut dire qu’entre Cordillères des Andes et le Pacifique, le climat est idéal pour le vin.
Sans parler d’une véritable « fuite de nos cerveaux du vin », Baron Rothschild s’implante actuellement au Chili afin de créer un grand cru franco-chilien avec des plants Mouton Rothschild sous l’appellation « Almarriva ». Une autre grande marque dans les spiritueux, Grand Marnier, s’est également implantée au Chili. En outre, un Centre du Vin a été établi à l’université catholique de Santiago où une quinzaine de professeurs et spécialistes ont réuni leurs talents dans un laboratoire afin de développer les recherches sur les techniques de vinification pour ainsi aider à l’exportation d’un vin de qualité.

L’invasion du style « international »
En effet, les progrès techniques permettent aujourd’hui d’améliorer la qualité des vins, mais il semble que cette technicité entraîne une uniformisation du produit. Il devient difficile de dire avec précision si un vin de chardonnay par exemple a été fait en France, en Californie ou au Chili. Suite à la popularité que connaît le vin de qualité de par le monde, les professionnels veulent des boissons acceptables pour tous. Il n’y a dès lors peu de place pour la personnalité et l’originalité des vins – exactement comme cela s’est passé pour le whisky. Cependant, même si l’on doit rencontrer certaines difficultés auprès d’une partie des consommateurs habitués au style dit « international », la seule arme des producteurs français est la préservation de la variété du vin français, son individualité, ses arômes, son goût unique qui le rendent fascinant.