Dreux veut mettre les bouchées doubles dans son processus d’aménagement urbain

32
Durement touchée par une vague de désindustrialisation dans les années 1980, l’agglomération de Dreux veut tirer parti de sa proximité avec Paris et de la compétence de sa main-d’œuvre. Objectif : attirer les entreprises dans une zone franche située sur une ancienne friche industrielle.

Dreux_janvier09

À 70 kilomètres de Paris, l’agglomération de Dreux (Eure-et-Loir) ne manque pas d’atouts pour attirer les investisseurs français ou internationaux. Pour qui veut profiter de la proximité du principal marché français de consommation et de production sans en subir les inconvénients – temps de transport fastidieux, coûts du foncier et de l’immobilier prohibitifs –, cette agglomération de 50 000 habitants a pour principal avantage sa localisation géographique. Outre l’attrait de la région parisienne facilement accessible par la route nationale 12 (axe en 2×2 voies sans péage), Dreux se situe, en effet, à moins d’une 1 heure de Paris, de deux capitales régionales d’importance, Rouen et Le Mans, ainsi qu’à 2 heures du Havre, premier port français d’exportation vers les marchés mondiaux. C’est pour tirer avantage de ces atouts – l’offre immobilière y est de 40 à 50 % moins chère qu’en région parisienne ! –, que la SEMCADD (Société d’économie mixte de construction et de développement du Drouais) a été créée l’année dernière. Financée par la communauté d’agglomération du Drouais, mais aussi par la Caisse des dépôts et consignations ainsi que par plusieurs banques privées, cette structure a la particularité d’avoir non seulement les fonctions classiques d’aménageur, mais aussi – et c’est beaucoup plus original – d’opérateur immobilier capable d’acheter des bâtiments, de les rénover puis de les louer.

 

« Nous sommes ainsi plus à l’écoute des besoins des entreprises qui n’ont qu’un seul interlocuteur pour les solutions techniques et financières lors de leur installation », explique Emmanuelle Cerdelli, directrice de la SEMCADD. Avec un effectif de cinq personnes et présidée par Gérard Hamel, député-maire de Dreux, par ailleurs président national de l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine), cette structure s’est surtout attelée pour l’instant surtout à la transformation en parc d’entreprises multidisciplinaire l’ancien site de l’usine LG Philips Displays, alors spécialisée dans la fabrication de tubes cathodiques, soit 75 000 m2 de bâtiments inoccupés le long de la RN 12 à l’entrée est de l’agglomération. Cet espace de 15 hectares désormais classé en zone franche bénéficie des aides du département d’Eure-et-Loir, de la région Centre, de l’État, ainsi que celles, plus rares, du Fonds social européen (FSE) pour un montant attendu de 4 millions d’euros. Désirant profiter d’exonérations fiscales importantes en matière de taxe professionnelle ou d’impôt sur les sociétés, de nombreuses entreprises ont déjà fait part de leur intérêt pour cette zone industrielle. Cette dernière nourrit l’ambition d’être exemplaire en matière de développement durable, tant du point de vue social qu’environnemental (récupération des eaux de pluie, démarche HQE avec incorporation de géothermie ou de panneaux photovoltaïques, par exemple).

 

Parmi les premières entreprises installées, la société franco-belge Galloo France, leader européen du recyclage, et qui vient juste de débuter, en ce mois de décembre 2008, une activité de traitement de déchets électroniques (DEEE), spécialement d’écrans cathodiques. Quelque 60 emplois seront créés d’ici la fin de 2009 avec, comme premier objectif, de traiter 5 000 tonnes d’écrans par an. « Nous avons choisi le recyclage comme l’un des axes de développement de la zone sur un secteur d’environ 15 000 m2 et Gallo France a très clairement choisi Dreux pour sa localisation, se réjouit Emmanuelle Cerdelli. Pour eux, nous faisons partie du Grand Paris ! » Parmi tous les autres axes de développement choisis par la SEMCADD, figurent l’agroalimentaire et la restauration. C’est ainsi que Sodexo va y implanter la plus importante unité européenne de préparation de repas cuisinés (45 000 repas par jour !), principalement destinés aux collectivités du Grand Ouest. Quelque 150 emplois sont à la clé de cet investissement qui occupera 2 500 m2 sur le site réhabilité de la Radio. Autres projets en cours de développement : la création d’un hôtel technologique dénommé « pôle blanc » et qui accueillera des entreprises souhaitant disposer de « salles blanches » destinées à des opérations hyperspécialisées nécessitant une propreté absolue (puces électroniques, par exemple).

 

Pour cette opération comme pour d’autres, le site bénéficie de la proximité de Polepharma, cluster scientifique regroupant plusieurs leaders de l’industrie pharmaceutique, dont le rassemblement annuel a lieu chaque année à Dreux, ainsi que des actions d’innovation et d’incubation générées par l’association Made in Dreux (MID) dont le but est d’aider au transfert et à la valorisation de l’innovation. Afin d’accompagner ce nouveau dynamisme drouais, l’Association pour la formation professionnelle des adultes, l’AFPA, projette par ailleurs de créer sur le site un centre de formation et de réadaptation à l’emploi qui s’intéressera à plusieurs secteurs : réparation électronique, métiers du bâtiment, électronique, mise en œuvre des énergies renouvelables. « Parmi les atouts qui vont nous aider à optimiser la mutation urbaine et économique de Dreux, il ne faut pas oublier les compétences de la main-d’œuvre locale qui a historiquement baigné dans un tissu industriel dense depuis des décennies, assure Emmanuelle Cerdelli. Cette tradition industrielle se traduit d’ailleurs dans le dynamisme que l’on sent naître autour de nos actions et dans les projets de rénovation urbaine de la ville de Dreux en général. »