École polytechnique de Montréal, 26 ans d’existence et 13 diplômes

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Pour devenir ingénieur en suivant une formation en français, il n’y a pas que la France ! Fondée vers la fin du XIXe siècle, l’École polytechnique de Montréal est l’un des plus anciens établissements d’enseignement supérieur du Canada. Fondée dans un contexte d’affirmation des francophones dans tout le pays, et en particulier au Québec, elle a été créée sur le modèle des écoles d’ingénieurs françaises, tout comme l’École de technologie supérieure et HEC Montréal. L’École polytechnique partage le campus de l’université de Montréal et a signé avec elle des accords concernant la délivrance des diplômes. Elle a le statut d’une corporation de droit privé à but non lucratif , mais est financée en grande partie par les fonds publics. Son budget d’opérations hors recherche provient majoritairement du gouvernement provincial du Québec (70 % environ), le reste provenant du gouvernement fédéral canadien, des entreprises et de sa fondation, qui organise des campagnes de financement.

 

Treize diplômes d’ingénieur délivrés
Son modèle de gestion à l’Américaine lui offre une grande autonomie budgétaire. « Notre force principale réside dans la grande diversité des formations que nous proposons aux étudiants », souligne Christophe Guy, ingénieur et docteur en génie chimique et directeur général de l’école depuis le 1er juin 2007. L’École délivre pas moins de treize diplômes différents d’ingénieur : génie mécanique, génie des mines, génie logiciel, génie biomédical, génie industriel, génie aérospatial, génie chimique, génie civil, génie électrique, génie informatique, génie physique, génie géologique et génie des matériaux. Les enseignements peuvent être suivis en formation initiale, mais aussi en formation continue diplômante ou ponctuelle. Les liens entretenus avec l’industrie sont très étroits : les entreprises financent à 50 % – le reste provenant du gouvernement fédéral – des chaires dont le budget peut atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars canadiens chaque année. De plus, les étudiants doivent effectuer au cours de leur scolarité, qui dure quatre ans, au moins un stage en entreprise. Dans ce domaine, l’école est partenaire de prestigieuses compagnies dont, en Europe, Airbus, Air Liquide, Arcelor Mittal, Dassault, EADS, EDF, GDF Suez, Schneider Électrique, Safran, Thales, Total, Veolia… Membre de la Conférence des grandes écoles françaises et école d’application de l’X (École polytechnique française), l’École polytechnique de Montréal a développé depuis longtemps de nombreux partenariats internationaux – 250 au total : Afrique, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Mexique, Union européenne… Plusieurs accords de doubles diplômes existent ainsi avec les meilleures écoles d’ingénieurs françaises.

 

Valoriser la propriété intellectuelle
22 % des étudiants de l’école sont étrangers et la proportion est encore plus forte au niveau doctoral. L’École polytechnique de Montréal est aussi la première institution au Canada pour la recherche en génie en collaboration avec l’industrie, devant l’université de Colombie britannique (UBC) de Vancouver. Son budget annuel de recherche s’élève à 60,5 millions de dollars canadiens (39 millions d’euros) et, ces dix dernières années, elle a été à l’origine de la publication de 1 900 mémoires de maîtrise et thèses de doctorat, et de 9 500 publications scientifiques et techniques. L’École polytechnique de Montréal est enfin très impliquée dans la valorisation de la propriété intellectuelle via la création de compagnies dérivées (spin off) et la cession de licences à des entreprises préexistantes. Les retombées sont intéressantes pour les inventeurs, car, contrairement au système en vigueur en France, ils sont associés aux bénéfices liés à la commercialisation.

 

Plus d’informations sur www.polymtl.ca

 

Chiffres clefs
– Fondée en 1873
– 6 000 étudiants dont 4 500 en école d’ingénieurs et 1 500 en doctorat
– 1 100 diplômés par an
– 36 000 diplômés
– 230 professeurs
– 800 employés
– Budget de fonctionnement pour 2008 : 145 millions de dollars canadiens (environ 94 millions d’euros)
Source : École polytechnique de Montréal (août 2009)