Égalité homme-femme: EPF parie sur l’Afrique

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Un an après la signature d’un accord d’ouverture au Burkina Faso d’une classe préparatoire pour les jeunes filles africaines issues de terminale scientifique, l’EPF, école d’ingénieurs française généraliste (ex-École polytechnique féminine), et 2iE, école d’ingénieurs burkinabé, ont officiellement présenté le 30 mars leur programme « Ingénieures en Afrique ». Ce projet prévoit le recrutement de 30 jeunes filles d’Afrique sub-saharienne pour la rentrée de septembre après sélection sur dossier. Le développement du projet doit permettre d’atteindre un flux annuel moyen de 40 à 50 élèves, dont environ 2/3 de filles. Après deux années de classe préparatoire, les étudiantes auront la possibilité d’intégrer un cycle d’ingénieur, une 3e année de licence universitaire ou une troisième année de Bachelor 2iE.

 

Afin de financer ce programme, dont l’investissement initial est de 100 000 euros en équipements pédagogiques, les deux écoles lancent un appel aux dons et à la générosité auprès des entreprises et des grandes institutions internationales pour qu’elles deviennent des partenaires financiers. Le soutien au projet peut se faire soit sous la forme de donations en capital, soit par le versement de bourses annuelles allouées aux étudiantes pendant une durée minimale de deux ans, contribuant ainsi à créer des élites féminines dont l’Afrique et les entreprises ont besoin pour la croissance de ce continent. L’enjeu est de taille : malgré les excellents résultats des jeunes filles africaines au niveau du lycéen, rares sont en effet celles qui rejoignent les écoles d’ingénieurs ou les universités.

 

Outre les traditions familiales et sociales, le coût est un des principaux freins à leur promotion personnelle. Plusieurs grandes entreprises françaises ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet dont la marraine est Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement de Paris et députée européenne. « Ingénieures en Afrique » bénéficie, en outre, du soutien de l’Agence universitaire francophone (AUF), qui réunit 781 établissements de 94 pays. L’EPF et 2iE sont toutes deux membres de la Conférence des grandes écoles et délivrent des diplômes accrédités par la Commission des titres d’ingénieur (CTI).

 

L’EPF est une école d’ingénieurs généraliste qui compte actuellement 1 250 étudiants, dont 40 % de filles, répartis entre les campus de Sceaux, Troyes et Montpellier. Basée à Ouagadougou, 2iE se spécialise dans l’ingénierie de l’eau et de l’environnement et a accueilli l’année dernière près de 1 700 étudiants (dont 25 % de filles) issus de 27 nationalités différentes.