En 2006, investissez malin !

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À côté des contrats d’assurance-vie multisupport, indispensables à toute gestion de patrimoine raisonnable, nombreux sont les produits d’épargne propres à séduire l’investisseur malin mais prudent. Même si la défiscalisation reste un critère de choix important, cela ne peut cependant pas constituer une fin en soi.

Plus que jamais la gestion de patrimoine exige de la part des investisseurs un effort de clairvoyance, d’anticipation et de prudence. Sauf à lire dans le marc de café, bien malin en effet celui qui peut s’aventurer à prédire ce que seront à moyen terme l’évolution des taux longs ou celle de la parité du dollar par rapport au yuan, tous paramètres, parmi d’autres, qui ne peuvent qu’impacter nos économies occidentales. Choisir les meilleurs placements en arbitrant entre des besoins de rentabilité à court terme et de sécurité à plus long terme devient donc affaire de pilotage avisé entre effets de brise momentanés et tendances de fond. Prévoir sa retraite, même quand on est jeune, constitue assurément l’une de ces tendances de fond, sinon un impératif catégorique. À cet égard, l’un des piliers d’une démarche patrimoniale raisonnable reste la souscription à des produits d’assurance-vie multisupport qui permettent non seulement de préparer sa retraite, mais aussi d’organiser la transmission de son patrimoine ou de faire fructifier une réserve d’argent facilement mobilisable.

 

Ce choix de l’assurance-vie multisupport paraît en tout cas plus judicieux que celui du PERP, qui ne peut intéresser que les deux tranches d’imposition les plus élevées. Quel que soit le but poursuivi, les contrats d’assurance-vie multisupport permettent d’avoir accès à une large palette de fonds correspondant à tous les styles de gestion financière. Les investisseurs les plus audacieux préféreront aux fonds en euros, des supports plus dynamiques comme des fonds en actions (au moins 60 % d’actions) ou immobiliers qui permettront des rentabilités supérieures aux 4-5 % de base. Ce type de contribuables sera aussi à juste titre intéressé par les contrats NSK, qui doivent être constitués d’au moins 30 % d’actions ou titres assimilés dont 10 % de titres dits risqués et 5 % de titres non cotés. Rappelons que les anciens contrats DSK souscrits à compter du premier janvier 2003, peuvent être transformés en contrats NSK si la transformation résulte d’un avenant conclu avant le premier juillet 2006. Comme les contrats DSK, les contrats NSK sont exonérés d’impôts sur le revenu au-delà de 8 ans, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.

 

Pas de défiscalisation à tout prix
En matière d’investissement, un produit est bon ou mauvais, rentable ou pas. L’attrait de mesures fiscales incitatives ne peut donc intervenir que comme un élément de choix parmi d’autres. C’est en tout cas le conseil de nombre de conseillers patrimoniaux qui mettent en garde les investisseurs s’intéressant trop aux économies d’impôts miroitées et non à la rentabilité réelle du bien qu’ils achètent. Il ne faut pas en effet perdre de vue qu’en matière de défiscalisation, l’État n’est pas philanthrope : la contrepartie de tout avantage fiscal, c’est le fait d’assumer un risque plus ou moins grand, car les produits concernés sont souvent destinés initialement à aider une région ou un secteur économique considéré comme défavorisé. On a en effet trop vu dans les années passées des programmes d’investissement immobiliers défiscalisés, souvent situées près des côtes ou dans des îles exotiques, se transformer en cauchemars. Il convient donc plus que jamais, en matière d’investissement dans de l’immobilier locatif par exemple, de se méfier des vendeurs commissionnés qui promettent des rentabilités irréalistes. Ceci afin d’éviter d’acheter trop cher des logements qui ne rapporteront jamais autant que le rendement annoncé. L’investisseur avisé fera aussi attention au type de gestion locative envisagée en laissant de côté les programmes multi investisseurs non ciblés.

 

La hausse des prix de l’immobilier étant, quoi qu’on en dise, fortement corrélée au bas niveau historique des taux d’intérêt, il conviendra aussi évidemment de voir jusqu’où iront les capacités d’épargne des ménages, en cas de hausse des taux, un retournement de conjoncture n’étant pas à exclure dans un avenir plus ou moins proche. Malgré ces réserves, il va de soi que les investissements de type Robien ou de type ZRR (zone de revitalisation rurale) gardent de grandes capacités de séduction. Pour les plus hauts revenus, le Madelin, multisupport et transférable, et le Malraux, malgré ses contraintes, ou plus sûrement le LMD (loueur en meublé professionnel) garantissent des performances intéressantes au regard de leur situation fiscale. « Nous souscrivons deux fois plus de LMD que de Robien en ce moment » , confie ce gestionnaire de patrimoine du grand Ouest parisien. À condition de pouvoir dégager plus de 23 000 euros de recettes annuelles, c’est un produit qui offre en effet plus de rentabilité et d’attractivité fiscale que le Robien. En résumé, l’un des maîtres mots des mois et des années à venir restera celui de diversification, selon le bon principe des œufs et du panier. La qualité du gestionnaire de patrimoine multi-fournisseurs restera de même un impératif, tant il faut toujours déplorer en France la frilosité des banques classiques vis-à-vis de la multi-gestion.