En Écosse, les CCI espèrent l’essor des énergies renouvelables

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Mike Salter (D.R.)
Le point sur l’économie écossaise avec Mike Salter, président du réseau national des CCI.

Depuis les années 1980, Mike Salter a occupé de nombreux postes dans l’industrie des ressources pétrolière et gazière tant au Royaume-Uni que dans d’autres pays européens. Il est depuis 2009 président des Chambres de commerce d’Écosse (Scottish Chambers of Commerce).

 

Commerce International: Comment les entreprises écossaises vivent-elles le climat des affaires actuelles alors que la crise financière persiste en Europe?

Mike Salter: « La crise économique a des conséquences très rudes. Les PME écossaises gèrent tant bien que mal les difficultés du moment. Leur problème majeur est de disposer de liquidités et de crédits bancaires. L’an passé, quelque 950 sociétés ont pu recevoir un soutien financier de l’organisme Scottish Development International (SDI) afin de mener à bien leurs projets à l’international. Une aide précieuse en temps de crise. Les obstacles actuels sont purement conjoncturels: les différents marchés du pays sont prometteurs et reposent sur de bonnes infrastructures. Quelques inquiétudes ont été formulées lors des annonces de réduction des dépenses publiques, ce qui est bien compréhensible. Nos atouts doivent être encouragés et modernisés pour conserver un terrain favorable à l’investissement. »

 

Quels sont les domaines d’activité qui constituent des atouts pour l’économie écossaise?

M.S.: « Depuis de longues années, le secteur des exploitations off-shore pétrolières et gazières est l’un des plus attractifs. Mais grâce à d’importantes diversifications, l’économie a développé d’autres atouts. La technologie et les services jouent désormais un rôle majeur dans l’économie. Bon nombre de sociétés implantées de Glasgow à Edimbourg sont spécialisées dans les systèmes d’information et l’électronique. L’architecture, le design, le développement de logiciels informatiques rassemblent des métiers convoités, très dynamiques, et qui participent grandement à notre croissance actuelle. À cela s’ajoutent, bien sûr, d’autres réussites connues comme l’exportation de whisky, soutenue notamment par la demande en croissance de pays émergents. La Thaïlande, l’Inde, le Brésil figurent parmi les nouvelles destinations à succès. Le tourisme occupe aussi une place importante: avec 16 millions de visiteurs, il représente 9% des emplois. Malgré la période actuelle délicate, les entreprises ont donc bien des ressources pour rebondir. »

 

La chambre de commerce a récemment déclaré que le secteur manufacturier devait se diversifier et cibler de nouveaux marchés. Pourquoi cette démarche?

M.S.: « Pour augmenter le niveau des exportations, car, même si les produits manufacturés quittant nos frontières ne se portent pas trop mal, les conditions commerciales sont devenues difficiles avec l’incertitude économique qui règne aussi bien aux États-Unis que dans la zone euro. L’Europe représente déjà 40% des exportations du Royaume-Uni; il ne faut pas devenir trop dépendant de ces pays. Le marché domestique a, certes, tendance à stagner sur les ventes de produits manufacturés, mais il existe à l’étranger d’immenses potentiels qu’il faudra encourager. La Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et le Moyen-Orient constituent une clientèle dans de nombreux secteurs écossais. Une meilleure promotion des échanges et des investissements pourrait faire office de première étape. Nous sommes confiants, car le gouvernement a fait part de son ambition d’augmenter de 50% les exportations nationales dans les prochaines années. »

 

Peut-on encore affirmer que le secteur énergétique fait actuellement la richesse du pays?

M. S. : « En plus des ressources pétrolières et gazières, les énergies renouvelables sont l’un des fers de lance de notre économie à l’heure actuelle, et elles le seront plus encore dans le futur. Grâce à notre situation géographique, nous bénéficions d’excellentes conditions pour exploiter l’énergie éolienne. De nombreux projets se sont déjà concrétisés. D’autres verront encore le jour à l’avenir, mais il faut que certains coûts puissent baisser pour rendre cette filière plus rentable. L’exploitation des filières marémotrice et houlomotrice (énergies engendrées par les marées et la houle, ndlr) est sur de bons rails. Les ressources marines en général forment un axe de développement destiné à être l’un des piliers de demain. En outre, la production d’énergie verte est largement supérieure aux besoins nationaux, ce qui nous confère à l’Écosse un statut d’exportateur convoité. L’île (c’est-à-dire la Grande-Bretagne, ndlr) a comme objectif de créer à long terme une puissante industrie des énergies renouvelables combinée au développement de solutions de pointe de capture et de stockage du carbone. »

 

Quel regard portez-vous sur la crise actuelle qui frappe la zone euro et sur les déficits publics que connaissent de nombreux pays européens?

M.S.: « Cette crise monétaire et budgétaire est sans aucun doute une menace importante. Mais nous sommes très chanceux en Écosse de ne pas faire partie de la zone euro! Le défi consiste à réussir à réduire le creusement des déficits sans pour autant adopter des règles qui ralentissent le développement. Cet équilibre est très difficile à trouver. Les réponses ne peuvent être les mêmes en Allemagne et en France d’un côté, en Italie et en Grèce de l’autre côté. Pour une meilleure santé économique à long terme, peut-être faut-il se poser la question d’une zone euro plus réduite… »