Entretien avec le ministre colombien du Commerce extérieur

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D.R.
La Colombie possède un potentiel de croissance qui lui permet de figurer parmi les CIVETS (1) et d’attirer de nombreuses entreprises étrangères.

 

Sergio Díaz Granados, 42 ans, a été nommé ministre du Commerce extérieur, de l’Industrie et du Tourisme colombien au sein du gouvernement de Juan Manuel Santos en août 2010. Auparavant, cet avocat occupait le poste de vice-ministre du Développement industriel. De 2002 à 2006, il a été membre de la Chambre des représentants de Colombie, pays aujourd’hui placé 28è rang économique mondial. En visite à Paris en janvier dernier, son président Juan Manuel Santos, accompagné de Sergio Díaz Granados, avait pour principal objectif d’attirer les investisseurs.

 

Commerce International: Quels sont les secteurs privilégiés par votre démarche d’attraction des investisseurs étrangers?

S. D. G.: « D’importants investissements vont être faits dans les infrastructures (routes, aéroports, voies ferrées), le logement et les mines de charbon et de pétrole. La Colombie est le cinquième producteur mondial de charbon et la production de pétrole connaît une hausse considérable. En 2015, celle-ci devrait atteindre 1,5 million de barils par jour, contre 800 000 actuellement. La sécurité s’est considérablement améliorée autour des activités de forage. Nous misons aussi sur l’éducation et la recherche. Ce sont des moteurs pour l’avenir. En 2010, le nombre de visiteurs étrangers a connu une hausse de 10,7%, ce qui donne des opportunités dans le tourisme d’affaires et de loisirs. »

 

La violence, la corruption et les puissants réseaux de narcotrafiquants présents dans le pays ne risquent-ils pas d’effrayer les investisseurs ?

S. D. G.: « D’importants efforts sont menés dans la lutte contre le narcotrafic, qui alimente toutes les autres formes de violence: trafic d’armes, blanchiment d’argent, contrebande… Ces fléaux affectent tout le territoire. En moins de vingt-cinq ans, le pays a été poussé au bord du gouffre et les exploitants agricoles ont été chassés de leurs terres. Mais les moyens de lutte déployés sont internationalement reconnus et les investisseurs comme les touristes nous font confiance. Aujourd’hui, nous mettons tout en œuvre pour attraper notre retard. Nous prenons des décisions pour que les personnes qui ont été déplacées puissent rentrer chez elles et allons les aider en capitaux et en formation. »

 

Quelles sont les politiques mises en œuvre en terme de développement régional ?

S. D. G. : « Nous entretenons des liens très importants avec des pays voisins, comme le Venezuela et l’Équateur. En août dernier, la Colombie a rétabli ses relations diplomatiques et commerciales avec le Venezuela (depuis 2009, Caracas avait mis en place un embargo commercial sur la Colombie, suite à l’annonce de la signature d’un accord renforçant la coopération militaire entre les États-Unis et la Colombie, ndlr). Ce rapprochement va générer un fort impact économique. Une initiative a été prise en décembre 2010 avec le Pérou, le Chili et le Mexique en vue d’un accord pour faciliter les échanges de biens et de capitaux. La Colombie collabore également avec ses voisins dans la lutte contre la criminalité. »