Le feuilleton « drama » continue à la CCI Gard

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La CCI du Gard a été ces derniers mois le théâtre d’un duel entre deux hommes, l’ancien Président sortant Francis Cabanat et celui qui occupe le poste depuis février, Eric Giraudier (voir nos précédents articles, de février et de mars). La confrontation, qui a pour causes le « coup de force » de Mr Giraudier d’un côté, et la mauvaise gestion de la CCI d’Alès par Mr Cabanat de l’autre, n’a toujours pas cessé, et les deux hommes continuent de s’invectiver par voix de presse locale, notamment.

Mercredi 27 juin, Eric Giraudier a présenté les comptes 2016 de la CCI d’Alès-Cévennes et, sans nommer son prédécesseur (Mr Cabanat), a mis en avant certaines exubérances budgétaires de l’institution. En 2016 la CCI d’Alès-Cévennes a connu un déficit de 2,6 millions d’euros, alors que celui de la CCI de Nîmes est quatre fois moins important (de l’ordre de 656 000 euros). Au-delà du déficit, ce sont aussi les frais de personnel de la CCI d’Alès-Cévennes qui sont pointés du doigt car supérieurs aux ressources d’exploitations. Plus concrètement la CCI d’Alès-Cévennes disposait de ressources de l’orde de 2,1 millions d’euros mais des frais de personnel de 2,2 millions d’euros… là où celle de Nîmes compte pour frais de personnel 9 millions d’euros mais pour des ressources de 14 millions.

Une hémorragie budgétaire difficile à tarir

Et puis il y a eu aussi un gros manque à gagner, notamment à travers la vente de biens immobiliers avec des valeurs trois fois inférieures à leur valeur initiale. Un des « objets du délit », c’est notamment la vente de l’aérodrome de Deaux dont la valeur initiale de 2,7 millions d’euros a été ramenée à seulement 660 000 euros lors de sa vente à l’Agglo d’Alès. Sans compter sur les loyers non payés de certaines entreprises locales, ou encore des prêts octroyés par la CCI d’Alès et qui n’ont toujours pas été remboursés. Bref selon les mots d’Eric Giraudier : « on a arrêté les comptes, mais pas l’hémorragie ».

Un budget 2017 scruté à la loupe

Dans un tel contexte, le budget 2017 de la nouvelle CCI Gard va être serré et chaque centime bien pesé.

« Clairement on va serrer les dépenses. On va devoir décaler des achats, des travaux aussi… » indique Eric Giraudier. Au sujet des frais de personnel, le Président souligne qu’il n’y aura pas de licenciements, mais les contenus des postes seront repensés, les départs à la retraite ne seront pas remplacés et les CDD pas toujours renouvelés.

Francis Cabanat toujours en position de défense

L’ancien Président de quelques semaines de la CCI Gard, Francis Cabanat, qui a toujours considéré l’élection de Mr Giraudier comme un « coup de force » (pour ne pas dire un putsch), ne compte pas en rester là. Rappelons que Mr Cabanat avait été élu à la Présidence de la CCI Gard en décembre 2016 avec Mr Giraudier comme colistier. Ce dernier avait alors demandé une assemblée générale exceptionnelle en février 2017, après ses découvertes (puis reproches) du budget « douteux » de 2016 de la CCI d’Alès-Cévennes, et avertit sur les risques qu’encourait de fait le budget 2017. Lors de cette élection exceptionnelle, Francis Cabanat n’avait pas été reconduit et c’est son colistier d’un temps qui prenait sa place à la présidence. Et Mr Cabanat de dénoncer un simulacre d’élection, une manœuvre insidieuse voire malhonnête, portant l’affaire devant le tribunal administratif qui n’a pas encore rendu son verdict.

Francis Cabanat qui avait décidé de ne plus communiquer sur cette affaire, a décidé dernièrement de rouvrir le débat médiatique en donnant son point de vue dans une interview de nos confrères d’Objectif Gard, retranscrite ci-dessous.

Objectif Gard : Ce matin, lors d’une conférence de presse organisée par Éric Giraudier, votre mandat à la CCI Alès-Cévennes a été vivement critiqué. L’exemple de l’aérodrome de Deaux, que vous comptiez vendre pour 660 000€ à l’Agglo d’Alès alors qu’il vaudrait potentiellement 2,7M€, a été évoqué…

Francis Cabanat: Je le sais, ils en parlent à chaque fois. D’abord, je tiens à dire qu’Éric Giraudier a volontairement plombé les comptes de la CCI Alès. Si des recettes n’apparaissent pas, ça plombe forcément les résultats. En 2016, j’ai vendu PGO et l’aérodrome de Deaux pour 900 000€. (Depuis, la vente a été « stoppée », dixit Éric Giraudier, NDLR). Je mets au défi Giraudier de vendre à 2,6M€. C’est un actif d’établissement public sur lequel on ne peut pas faire d’immobilier. Qu’il le vende à 2,6M€ et on en reparlera. A Mende, ils ont cédé l’aérodrome à l’agglo pour 1€. Nous on l’a fait pour 660 000€. S’il le vend au prix qu’il dit, je lui tire mon chapeau.

OG : Lui, en revanche, ne vous tire pas le sien quand il évoque des prêts non remboursés ou cette entreprise, PGO, qui ne paierait pas son loyer depuis trois ans.

F.C. : Bien sûr qu’elle payait son loyer ! Il manquait 185 000€ fin 2016, c’est un décalage de paiement. Et puis je ne vais pas attaquer une entreprise qui fait travailler 60 personnes, une entreprise qui a eu des problèmes avec le décès de son président en 2016. PGO a annoncé qu’ils régleraient leur retard de paiement en 2017. Quant à ces prêts, on est en attente de paiement de 500 000€. Si vous ajoutez les 900 000€… Enfin, il y a un dernier point que j’ai du mal à comprendre : ils ont mis 500 000€ de restructuration de 2017 sur 2016. Si vous ajoutez toutes les sommes, on est à 2M€. C’est une présentation fallacieuse.

OG : Vous comprendrez que les lecteurs ne savent plus qui croire…

F.C. : Ce que je peux vous dire, c’est que la CCI Alès a eu tous ses comptes certifiés par des commissaires aux comptes. Les préfets de Région et les présidents de la CCIR (la CCI régionale) ont toujours validé les comptes. Là, vous avez affaire à des gens qui débarquent, qui n’avaient jamais mis les pieds dans une CCI. Jusqu’en 2016, la CCI Alès a marché. Les tours de passe-passe de Giraudier n’intéressent pas les gens.

 

Prochaine étape dans ce « duel au soleil » qui ne semble pas vouloir finir : l’examen du recours en annulation de l’élection exceptionnelle de Mr Giraudier fin février 2017, déposé par Francis Cabanat auprès du tribunal administratif, en fin de semaine. Mais il est à parier que ce « feuilleton d’envergure » au cœur de la nouvelle CCI Gard, est programmé pour durer encore un certain temps.

 

 

Source: Objectif Gard