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Les PME de l’Union européenne sont identifiées par Bruxelles comme la clé de la reprise économique. Au-delà de l’octroi classique de garanties permettant l’obtention de prêts, la Commission européenne met de nouveaux outils à disposition des entreprises via la banque européenne d’investissement. Le plus innovant est un guichet unique pour tous les financements de l’UE destinés aux PME.

Complexité des démarches et  lenteur des processus décisionnels sont les deux freins primordiaux au financement des PME. Souvent, ces barrières peuvent se révéler fatales à la pérennité des jeunes entreprises. Comme le rappelle Antonio Tajani,  commissaire européen chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, «l’accès des PME aux sources de financement demeure difficile et constitue l’une des principales raisons de la récession économique actuelle. Or, il faut permettre à nos petites entreprises, qui sont le moteur de l’emploi en Europe, de renouer avec la prospérité. Pas moins de 85 % des emplois créés sont à mettre à leur actif.»

30 euros de prêt pour un euro garanti

Aussi, consciente que la reprise économique européenne passera par la dynamique des PME, la Commission européenne a profité de la publication en mai dernier du rapport annuel de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour annoncer de nouvelles mesures en faveur des entreprises. Dans ce rapport, la Commission et la BEI soulignent que 13 milliards d’euros d’aides ont été octroyés aux entreprises en 2012.

Par ailleurs, la Commission est également intervenue par le biais de garanties dans le déblocage de 13 milliards d’euros de prêts et de 2,3 milliards d’euros de capital risque. Ce sont au total 220 000 PME européennes, dont 90 % de moins de dix salariés, qui ont bénéficié au cours de l’année dernière de ce soutien financier européen pour des prêts  d’un montant moyen de 65 000 euros. Ce programme PIC ( programme cadre pour l’innovation et la compétitivité) est un mécanisme de garanties pour les petites entreprises, dont les  dirigeants ne peuvent offrir de cautions suffisantes pour obtenir un prêt bancaire.

Cette année, le coup de pouce de Bruxelles devrait se poursuivre et même s’amplifier, puisque la BEI a bénéficié d’une augmentation de capital de 10 milliards d’euros. Une  opération qui lui permettra désormais de prêter 15 milliards d’euros supplémentaires aux PME entre 2013 et 2015. « Nous avons l’intention dans le cadre du nouveau programme Cosme d’élargir nos garanties de prêt aux PME à partir de 2014. Chaque euro investi dans nos garanties a le potentiel de débloquer, en moyenne, 30 euros de prêt bancaire », promet Antonio Tajani.

Portail unique et cartographie

Au-delà de ces aides financières, la Commission intensifie son accompagnement des PME. Au rang des nouvelles initiatives présentées par Antonio Tajani, un guide d’information incitant les PME à une introduction en bourse et éveillant l’intérêt des investisseurs pour le monde de la petite entreprise. Un prix a été créé qui récompensera  les meilleures cotations en bourse des petites entreprises et entreprises de taille intermédiaire en Europe. Par ailleurs, rappelant que l’appui aux PME dans la conjoncture actuelle est l’une des priorités absolues de la BEI, Werner Hoyer, son président, a indiqué que « la titrisation pourrait être un outil propice pour relancer l’activité de prêt en faveur des PME. »

Cependant,  la principale information à retenir est la création d’un portail qui centralise tous les instruments financiers existant en Europe et s’adressant aux PME. En un seul clic sur son pays d’origine ou sur le pays d’investissement de son choix, le chef d’entreprise pourra identifier les organismes et instituts financiers susceptibles de le soutenir dans sa démarche. Ce portail fonctionne en quelque sorte comme une cartographie interactive du soutien financier ded PME européennes.

 Nouveaux stimuli

Saluant ces initiatives, l’Eurochambres, l’association des CCI européennes, représentant plus de 20 millions d’entreprises européennes, dont 93 % de PME, rappelle la nécessité d’allouer les fonds de la BEI au soutien de ces entreprises dans leurs innovations, leurs compétences, les énergies propres et leur infrastructure moderne. Elle suggère par ailleurs que « compte tenu des problèmes émergeant sur les marchés financiers et le focus sur le financement de la dette des entreprises européennes, un accès aux emprunts pourrait être stimulé par des schémas variés de garanties. »

En effet, comme le soutient l’Eurochambres, « Il a été prouvé que de tels schémas de garanties sont les plus stimulants, car ils réduisent aussi le risque de défaut et l’absorption du capital des  prêteurs. » Concernant le financement à long terme des entreprises, l’Eurochambres espère le déclenchement de discussions sur la manière d’attirer des investisseurs privés.