Franck Imbert, responsable des opérations de marché du Crédit du Nord: « Les investisseurs sont de nouveau prêts à investir dans des PME cotées en Bourse »

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Le groupe Crédit du Nord affiche ses ambitions sur le segment des Small & Mid-caps, des petites et moyennes capitalisations.

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Les motivations pour une introduction en Bourse peuvent être de différents ordres : obtention de nouveaux moyens financiers afin de poursuivre le développement de l’entreprise, capacité de financer des acquisitions (y compris par échange de titres), recherche d’une liquidité de capital pour les actionnaires existants, volonté d’acquérir une plus grande notoriété et crédibilité pour l’entreprise, ou encore possibilité d’associer les salariés à l’évolution de la performance de l’entreprise (avec l’attribution d’actions gratuites ou de stock-options). Le groupe Crédit du Nord propose aux entreprises qui souhaitent lever des capitaux sur les marchés boursiers une offre complète qui inclut le conseil à la société et à ses actionnaires ainsi que le placement des titres de la société auprès des investisseurs, via sa société de bourse Gilbert Dupont. « Le Crédit du Nord intervient sur les phases d’origination et de structuration de l’opération, et la société de bourse Gilbert Dupont sur celle du placement auprès des investisseurs », explique Franck Imbert, responsable des opérations de marché du Crédit du Nord.

 

Concrètement, le département Opérations de marché du Crédit du Nord réalise les missions suivantes : réflexion sur la stratégie financière, structuration de l’opération, rédaction et instruction du prospectus auprès des autorités de marché, gestion du projet et supervision des aspects réglementaires. Cette dernière activité recouvre la coordination des différents intervenants (société de bourse, commissaires aux comptes, avocat et agence de communication), la préparation de la documentation relative à l’opération, la réalisation des « due diligences », les relations avec les autorités de marché (AMF, Euronext), la communication et le suivi post-introduction (dans le cadre du rôle de « listing sponsor » pour une cotation sur Alternext). « Nous comptons parmi les acteurs de tout premier plan sur le marché français des Small & Midcaps (capitalisation boursière inférieure à 1 milliard d’euros), se félicite Franck Imbert. Avec 145 valeurs moyennes suivies en recherche, près de 60 contrats d’animation et plus d’une dizaine de sociétés sous contrat de listing sponsor, le groupe Crédit du Nord est sans doute l’intervenant le plus important de la place de Paris sur ce segment. » Le compartiment B d’Euronext (marché réglementé) concerne les entreprises dont la capitalisation boursière est comprise entre 150 millions et 1 milliard d’euros, et le compartiment C celles dont la capitalisation est inférieure à 150 millions d’euros.

 

Il n’existe pas de critère de taille sur Alternext (marché régulé), mais les contraintes plus faibles en termes de gouvernance d’entreprise et d’informations financières en font un outil parfaitement adapté aux Small & Midcaps. « Alternext a été créé en mai 2005 pour les PME, indique le responsable des opérations de marché du Crédit du Nord. Ce marché a connu, à l’instar des autres marchés boursiers, sa première crise en 2007-2008, mais peu de défaillances d’entreprises ont été constatées. C’est un gage de qualité et de crédibilité pour les investisseurs, qui ont de plus en plus confiance en Alternext. » Une analyse qui pousse Franck Imbert à regarder 2010 avec assurance : « Depuis la crise de l’été 2007, les introductions en Bourse sont quasi-inexistantes ; il y a eu cinq opérations avec offre au public en 2008, et seulement une en 2009. Mais a contrario, le marché a bien accueilli les nombreuses opérations d’augmentation de capital ; d’abord, celles des grandes entreprises et des banques au premier semestre 2009 ; puis celles des Small & Midcaps au second semestre. Cela montre bien que les investisseurs sont de nouveau prêts à investir dans des PME cotées en Bourse. Au premier semestre 2010, nous devrions ainsi voir une petite dizaine d’introductions en Bourse. » Aujourd’hui, la plupart des introductions en Bourse se font par le biais d’une offre à prix ouvert (OPO), avec une fourchette de prix dont l’amplitude maximale est de 20 %. « Concrètement, nous réalisons une valorisation théorique de la société à l’aide des méthodes d’évaluation usuellement utilisées pour ce type d’opération, développe Franck Imbert. Puis, en fonction des conditions de marché et de tests réalisés auprès d‘une sélection d’investisseurs, nous déterminons la fourchette de prix au sein de laquelle les investisseurs placeront leurs ordres. »