Gilles Guilhaume, Ad’Missions: « Nous fonctionnons à l’inverse du marché du travail »

44

AD'Missions_oct07

Si vous cherchez un travail stable de cadre, mieux vaut avoir trente ans, dix ans d’expérience, un bac + 6 et … pratiquer de nombreuses langues étrangères. Le propos est peut-être un peu caricatural, mais il traduit bien le fait que pour toute une série de salariés – particulièrement les plus de quarante-cinq ans – les voies d’accès au CDI classique sont très étroites. Et cela malgré le discours ambiant sur l’intégration des seniors et la lutte contre les discriminations à l’embauche. Pourtant, les entreprises fonctionnant de plus en plus par projets ont un besoin croissant de ressources qualifiées pour des missions ponctuelles réclamant des compétences souvent pointues. À la rencontre de ces deux tendances du marché du travail, le portage salarial offre une solution qui séduit de plus en plus de salariés chevronnés.

 

« Nous fonctionnons à l’inverse du marché du travail en fournissant aux entreprises les compétences qui leur manquent une fois qu’elles se sont débarrassées de leurs seniors », assure Gilles Guilhaume, PDG de Ad’Missions, l’une des sociétés leaders du portage salarial, qui établit chaque mois six cents contrats de travail pour des salariés chevronnés, consultants dans des domaines aussi divers que la communication, les ressources humaines, l’informatique ou l’audit. Tous métiers à haute valeur ajoutée intellectuelle et exigeant une parfaite autonomie pour des travailleurs qui trouvent dans le portage les avantages du salariat (protection sociale, acquisition de points retraite…) et ceux de l’indépendance, car ce sont eux qui trouvent et définissent leurs missions. « En général, les missions de nos salariés ont une durée de six mois en moyenne, mais cela peut aller bien au-delà », poursuit Gilles Guilhaume, qui estime à 65 % le nombre des plus de quarante-huit ans dans ses salariés.

 

Afin d’optimiser au mieux la relation avec l’entreprise, la société de portage met en place un contrat de prestation de conseil et de services. En parallèle, un contrat de travail est établi entre le consultant et la société de portage. « Reconnu par ses bonnes pratiques en matière de gestion des ressources humaines, Ad’Missions a signé en 2005 un accord d’entreprise avec plusieurs syndicats représentatifs. Cet accord reconnaît des droits particulièrement renforcés pour ses consultants en matière de formation et d’application des garanties sociales, explique Gilles Guilhaume. Après être allé sur le terrain défendre le portage salarial devant les institutions, je me tourne aujourd’hui vers les entreprises pour leur expliquer cette nouvelle façon d’intégrer des professionnels ». Il existe, pour une PME, plusieurs avantages à utiliser les compétences d’un consultant. Il n’impacte pas sa masse salariale, ne rentre pas dans son effectif et lui permet de travailler avec un réseau d’experts disponibles et autonomes. Au-delà du public des seniors, pour qui le portage salarial demeure un moyen de réinsertion professionnelle efficace, cette nouvelle forme d’emploi intéresse également d’autres experts plus jeunes en quête d’autonomie professionnelle. Aujourd’hui, le portage salarial est une nouvelle relation de travail simple à mettre en place pour le cadre et pour l’entreprise.