Grèce : Syriza élu… et après ?

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Alexis Tsipras a été élu dimanche 25 janvier dernier aux élections législatives en Grèce. Quelles pourraient être les conséquences en dehors des frontières ?

 

L’extrême gauche a gagné les élections législatives dimanche 25 janvier dernier en Grèce.  Une victoire historique.

Le programme associe renégociation de la dette publique et mesures d’urgence pour répondre d’urgence aux six années de récession qui ont plongé le pays dans une crise humanitaire.

De nombreux économistes s’inquiètent pourtant du financement des nouveaux projets de Syriza. Un financement de 12 milliards d’euros concernant notamment l’augmentation du salaire minimum de 580 à 751 euros, la surélévation du seuil d’imposition à 12 000 euros annuels, le rétablissement du 13e mois de retraite  pour les retraites inférieures à 700 euros, l’accès gratuit aux soins, l’augmentation du nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage…

Syriza affirme payer ce financement grâce à certaines mesures. Et c’est bien là que les économistes sont septiques : réduire le remboursement de la dette, lutter contre la fraude fiscale et la contrebande en réaffectant des fonds européens, suffiront-ils à combler ces 12 milliards d’euros ?

Selon les analystes d’Eurobank, « la marge permettant de s’écarter des objectifs budgétaires est très étroite et exposerait le pays à une dégradation sévère de sa trésorerie ainsi qu’à une hausse de ses besoins d’emprunts ».

Il n’est pas impossible que la politique de Syriza remette en cause le maintien de la Grèce dans l’euro, même si Syriza y est opposé. Guikas Hardouvelis, ministre des Finances grec, met en garde contre une potentielle sortie de l’euro accidentelle, si Athènes refusait de rembourser une échéance de prêt. Une décision qui pourrait entrainer la panique des épargnants, des retraits en masse des banques, et surtout un refus d’aide de la BCE.

Au niveau européen, selon Jean Pisani-Ferry, économiste, « si les obligations constitutionnelles sont définies de manière trop étroite, l’UE sera accusée de nier au peuple grec le droit à des choix démocratiques. A l’inverse, un cadre trop souple signalerait que les encouragements en matière de réformes et de discipline fiscale ont peu de valeur. Un défi pour l’avenir de l’euro et ses règles ».

 

commerce international, actu-cci.com