Institut Curie: la générosité, moteur de la recherche

25

Le cancer, sous ses formes les plus variées, est devenu la première cause de mortalité en France et dans le monde. Pour lutter contre chacune de ces maladies, l’Institut Curie associe le plus grand centre de recherche français en cancérologie et deux établissements hospitaliers de pointe (Paris-Orsay et Saint-Cloud), ainsi qu’un département de transfert, passerelle entre la recherche, l’industrie et la médecine. Sa particularité : un modèle qui place le patient au cœur d’un continuum soin-recherche et, cela, depuis 1909, date de la fondation de l’institut par Marie Curie.
Depuis son origine, l’Institut Curie oriente son activité dans trois directions : l’enseignement, le soin et la recherche, en privilégiant la transdisciplinarité et des recherches aussi bien amont que tournées vers les patients. Reconnu dans le monde entier pour son excellence scientifique, il dispose d’un mode de fonctionnement original qui s’entend « de la recherche fondamentale aux soins innovants », mêlant recherche et clinique.
En 2009, grâce au soutien des donateurs et des testateurs, la fondation a récolté 27,3 millions d’euros. Plus des trois quarts de cette somme ont été alloués aux « missions sociales » de l’Institut : activités hospitalières, mais surtout activités de recherche, et recherches translationnelles et cliniques. Presque un cinquième des ressources des activités de recherche, est issu des dons et legs. C’est le cas de 46 % des fonds recueillis pour les programmes de recherches cliniques et translationnelles.
« La diversité des ressources de l’Institut lui confère une structure de financement particulière. Ces ressources proviennent des ressources propres de la Fondation, mais aussi d’autres financements privés et publics. Comme dans tout établissement hospitalier, l’assurance-maladie finance le coût des soins. Les autres financements viennent accroître les ressources. Le ministère de la Recherche, les universités, l’Inserm et le CNRS subventionnent, pour leur part, la recherche, qui bénéficie également du soutien du public », explique Paul Caroly, secrétaire général de l’Institut.
La générosité, pilier de la recherche
Tout donateur qui souhaite soutenir l’Institut Curie autrement que par un don peut bénéficier du conseil d’experts spécialisés au sein de la fondation. Donation, legs ou assurance-vie par exemple, les modalités de transmission sont plurielles. « Des personnes dédiées dans mon équipe sont à l’écoute des donateurs et testateurs, indique Élisabeth Da Souza, responsable du pôle collecte. Discuter personnellement avec les personnes qui nous soutiennent nous aide à mieux cerner leurs attentes et leurs demandes. Nous nous attachons à les conseiller au mieux et à respecter, ensuite, leurs souhaits, en particulier en matière d’affectation des sommes. »
L’Institut Curie construit avec ses donateurs et testateurs une relation de confiance, capitale pour instaurer la fidélité de leur soutien nécessaire à la pérennité des actions de l’Institut.
Si la générosité individuelle apporte des ressources financières importantes, le rôle joué par les entreprises est essentiel. La fondation compte de nombreux mécènes, devenus de véritables partenaires. Son ambition ? Établir de nouvelles relations gagnantes-gagnantes pour que la recherche sur le cancer puisse être accélérée et amplifiée grâce à des moyens supplémentaires.
Le financement d’un Pic (Programme incitatif et coopératif) mené par l’Institut Curie offre, par exemple, la possibilité de s’engager avec une perspective de résultat à trois ans. « Les Pics sont des programmes de recherche innovants menés avec une prise de risque maîtrisée, indique Élisabeth Da Souza. Une dizaine est en cours. SwissLife, l’un de nos grands mécènes, a financé, par exemple, le Pic sur le rétinoblastome, un cancer rare de l’enfant affectant la rétine. Ils ont ainsi pu faire progresser la recherche sur le cancer et mener des actions de dépistage auprès de leurs adhérents. Ils financent actuellement un Pic sur les cellules cancéreuses circulantes. Un autre exemple : pour Mutuelles Bleues, qui soutient la recherche sur le cancer à l’Institut sans affectation particulière à un programme, deux de nos médecins ont participé à l’élaboration d’un contenu informatif diffusé auprès de leurs assurés. »
Le mécénat est fondamental
Des entreprises permettent d’initier de nouveaux projets. L’engagement de la société Simone Pérèle, créateur de lingerie, a ainsi permis d’élaborer une étude sur l’intimité des femmes traitées pour un cancer du sein, de former médecins et personnels paramédicaux sur les aspects de fertilité et de sexualité, et de mettre en place des groupes de parole dans l’objectif de permettre aux patientes de mieux vivre la maladie.
Des actions que l’Institut n’aurait pas pu mettre en œuvre sans l’engagement de l’entreprise mécène à ses côtés. « Le mécénat est fondamental pour l’Institut Curie. En devenant mécènes, les entreprises peuvent mesurer l’impact de leurs investissements pour les patients. L’Institut, quant à lui, collabore avec de vrais partenaires qui lui offrent des ressources supplémentaires à investir dans le travail des chercheurs et des médecins », note Paul Caroly. Marie Curie a, dès 1909, créé l’institut avec l’aide de grands philanthropes comme les familles Lazard et Rothschild ; l’apport des donateurs, testateurs et mécènes reste aujourd’hui indispensable pour « prendre le cancer de vitesse ».

Les Pics, des programmes qui font avancer la recherche
Créés en 1996, les programmes incitatifs et coopératifs (Pics) de l’Institut Curie ont pour objet de privilégier certains objectifs scientifiques en cancérologie dans le but de répondre à une préoccupation que seule la recherche est susceptible d’éclairer, de permettre le transfert des acquis de la recherche fondamentale vers la recherche appliquée dans le domaine médical et de faire converger les efforts des chercheurs appartenant à des disciplines différentes vers un objectif scientifique prometteur. Ces programmes transversaux, qui peuvent impliquer la collaboration d’établissements extérieurs (Institut Pasteur, muséum national d’Histoire naturelle, Commissariat à l’énergie atomique) ont une durée de trois ans. À titre d’exemples, quatre Pics ont démarré en 2010 : « division cellulaire, polarité, croissance et cancer », « modèles cellulaires, scénarios cliniques et crible à haut débit », « rétinoblastome : transcriptome et cibles thérapeutiques » et « maladie micrométastatique ».

L’Institut Curie en quelques chiffres
3 000 médecins, soignants, chercheurs, techniciens et personnels administratifs
10 900 malades traités chaque année (nouveaux et en cours)
82 équipes de recherche
45 nationalités
100 000 m2 d’espaces hospitaliers et de laboratoires de recherche
570 publications internationales scientifiques et médicales chaque année
217 millions d’euros de budget total en 2009, dont 13 % issus de la générosité publique
150 000 donateurs fidèles
Source : Institut Curie – septembre 2010