Israël passe à l’offensive dans les « clean tech »

50
W1siziisijiwmtivmdcvmtivmtbfmtffmjhfnja0x2zpbguixsxbinailcj0ahvtyiisiji3mhgxmdawpijdxq
Visite en Israël d’Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique en janvier 2011, sur le site de Zenith Solar
Pénalisé par son manque de ressources naturelles, le pays a développé une expertise dans le domaine du « green business ».

Centre d’innovation mondiale dans le high-tech, Israël se rêve en nouveau dragon des technologies propres. Du lancement du projet de voiture électrique mené par Renault avec l’entrepreneur israélien Shaï Agassi (Better Place) à l’idée d’un canal reliant la mer Morte à la mer Rouge, autant de chantiers qui illustrent l’offensive israélienne dans le « green business ». Le pays totalise près de 600 entreprises spécialisées dans le traitement de l’eau et les énergies alternatives. « Israël rassemble plus de la moitié des climats de la planète. C’est un laboratoire idéal pour éprouver des solutions innovantes dans les clean tech », indique Bookie Oren, l’ancien patron de la compagnie nationale d’eau Mekorot, qui a pris la tête de Miya, le fonds de la milliardaire israélienne Shari Arison dédié aux technologies hydriques. Israël revendique ainsi un leadership mondial dans le retraitement des eaux usées du secteur agricole. Et aligne plusieurs champions d’envergure, tel Netafim, l’inventeur de l’irrigation goutte-à-goutte, ou le groupe IDE, qui a construit avec Veolia le plus grand site mondial de dessalement à Ashkelon. Au total, Israël a recours à des technologies de gestion efficace permettant la production de 25 % de la consommation nationale en eau ; et l’on estime que l’État hébreu sera capable de produire 40 % de ses besoins d’ici cinq ans. Un savoir-faire qui intéresse Veolia, mais aussi GE et Siemens.

 

600 millions de dollars d’investissement
Quant au secteur des énergies renouvelables, il figure désormais au cœur des priorités nationales. Le pays s’est donné dix ans pour abandonner totalement le pétrole et réduire l’utilisation du charbon dans la production d’électricité pour leur substituer du gaz naturel (à hauteur de 70 %) et des énergies renouvelables. Le gouvernement israélien va investir 600 millions de dollars (421 millions d’euros) à l’horizon 2020 afin que 10 % de sa production électrique soit issue d’énergies alternatives (contre 1 % actuellement). C’est ainsi que 500 MW devraient provenir du solaire thermique (60 %), du photovoltaïque domestique (5 %), de l’industriel (10 %), de l’éolien (17,5 %) et de la biomasse (7,5 %). Bénéficiant près de 300 jours d’ensoleillement par an, Israël affiche de nombreux brevets dans la production d’énergie solaire et aiguise les appétits des multinationales. Il y a près d’un an, Alstom a investi 55 millions de dollars dans la société californienne BrightSource, dont la filiale israélienne Luz II est considérée comme un pionnier mondial du solaire à concentration. De son côté, EDF Energies Nouvelles est sur les rangs de l’appel d’offres pour la construction de la centrale solaire photovoltaïque d’Ashelim, dans le désert du Néguev. Un projet qui intéresse aussi le géant allemand Siemens. Ce dernier a déjà occupé le terrain en devenant fin 2009 propriétaire de la firme israélienne Solel, un leader mondial dans l’équipement de sites thermosolaires présent en Espagne et en Californie.