Janet Ecker, ancienne ministre des Finances de l’Ontario: « Notre système bancaire est conservateur dans le calcul du risque »

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Dans son rapport sur la compétitivité mondiale, le Forum économique mondial qualifie le système bancaire du Canada de « plus solide du monde ». Une de ses provinces, l’Ontario, représente l’un des plus importants centres financiers d’Amérique du Nord. Une place gagnée grâce à un fort système de régulation.

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Janet Ecker, ancienne ministre des Finances de l’Ontario, est aujourd’hui directrice administrative de Toronto Financial Services Alliance, qui se charge de favoriser la compétitivité de l’industrie des services financiers de Toronto.

 

Commerce International : À quoi est due la bonne santé du système bancaire de l’Ontario ?

 

Janet Ecker : « Cela s’explique par la culture économique de l’Ontario, très conservateur dans le calcul du risque. Notre modèle économique est basé sur une organisation bancaire diversifiée. Enfin, nous disposons d’un fort système de régulation. L’Office of the Superintendent of Financial Institutions travaille avec les institutions canadiennes pour équilibrer la gestion du risque et l’innovation tout en cherchant à maintenir une industrie concurrentielle. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (Financial Consumer Agency of Canada) informe et protège les consommateurs des produits et services financiers. »

 

La province est-elle épargnée par la crise ?

 

J. E. : « Nos banques ressentent l’effet de la crise mondiale, mais elles restent rentables et bien capitalisées : nul besoin de leur injecter des capitaux. La stabilité économique du Canada procure une situation plus confortable pour traiter la crise. »

 

Pourquoi l’Ontario semble-t-il si attractif pour les investisseurs ?

 

J. E. : « L’Ontario est la plus importante province du Canada et son économie est très diversifiée. Sa capitale Toronto dispose d’un grand vivier de talents avec des professionnels très performants qui sont connectés au reste du monde. La formation y occupe une place importante. Les écoles adaptent leurs programmes au marché. Les grosses banques investissent une part significative de leurs ressources dans la formation de leurs employés. Les professionnels du secteur proposent donc aux investisseurs un service des plus qualifiés et des plus complets. »

 

Quels sont les défis à venir ?

 

J. E. : « Pour les banques, le défi majeur est de continuer à rester fort et à faire du profit malgré la crise. Nous devons être capables de stimuler notre économie et d’améliorer la productivité et la compétitivité sur le long terme. Surtout, il est important de gérer la crise. Enfin, nous tenons à poursuivre notre travail avec nos partenaires mondiaux pour assurer les changements. Se ruer sans réfléchir pour régler la crise ne sert à rien. Au contraire, il convient d’être prudent dans la mise en place d’un système de régulation vraiment efficace. »