Jean-Claude Masangu Mulongo, le banquier africain

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Jean-Claude Masangu Mulongo gouverne la Banque centrale du Congo depuis 1997 et a présidé le G24 en 2008. Dans son livre Pourquoi je crois au progrès de l’Afrique – Le credo d’un banquier africain, il livre un message optimiste ponctué de conseils vitaux pour ce continent.

 

Commerce International : Quelles motivations vous ont conduit à l’écriture de cet ouvrage ?

 

Jean-Claude Masangu Mulongo : « Une partie importante du livre est consacrée à la République démocratique du Congo (RDC). Après des périodes troublées, ce pays a opéré un redressement spectaculaire. Nous avons réussi à maîtriser l’inflation, relancer la croissance et stabiliser le franc congolais. Mais il reste encore d’importantes choses à accomplir. Il me paraissait important de mettre cela par écrit. À l’avenir, nous tirerons les leçons du travail de gestion à effectuer dans un contexte délicat comme celui qu’a connu la RDC. Plus généralement, le livre porte sur la situation africaine, son bilan et ses perspectives. »

 

Pourquoi peut-on avoir confiance en l’avenir ?

 

J.-C. M. M. : « L’Afrique est actuellement sur une bonne dynamique. Le continent affiche des performances remarquables, avec un taux de croissance annuel de 5 à 6 % depuis 10 ans. Elle a considérablement augmenté le niveau des investissements directs étrangers. Plus de vingt pays ont récemment atteint le point d’achèvement de remboursement de leur dette extérieure, ce qui leur permet de libérer des lignes budgétaires pour les allouer à des investissements en faveur de l’éducation et de la santé. Cela permet d’aborder les prochaines années dans de bonnes conditions. »

 

Comment l’Afrique peut-elle se donner les meilleures chances de faire durer ces bonnes performances ?

 

J.-C. M. M. : « La crise actuelle est l’occasion de repenser nos stratégies à long terme. Le continent doit d’abord réfléchir à être moins dépendant des matières premières qu’il produit. Il faut diversifier l’économie, travailler davantage en partenariat sur des projets intégrateurs avec d’autres régions et pays. La microfinance doit être encouragée pour insuffler une énergie vitale à des zones rurales délaissées par les circuits bancaires classiques. Enfin, outre le travail mené avec les pays du Nord, il ne faut pas manquer les opportunités apportées par les nouveaux partenaires comme le Brésil et l’Inde. Ces nations peuvent amener une autre façon de faire du business. »