La banque zurichoise Vontobel estime que l’Europe de l’Est constituera une région d’importance pour son bureau de Genève

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Groupe à la fois coté en Bourse et familial, la banque zurichoise Vontobel dispose d’une antenne spécialement dédiée à l’Europe latine à Genève. Son directeur général, Cédric Anker, explique sa vision à long terme de la banque privée et son choix d’une gestion rigoureuse des risques.

 

Sur la place de Genève, faire la différence entre 141 banques n’est pas chose aisée. Pour qui souhaite confier ses avoirs et son patrimoine en toute sécurité, le fait de savoir que votre interlocuteur fait partie d’un groupe à la fois familial et coté en Bourse a de quoi rassurer. C’est en effet un gage de sécurité, de pérennité et – denrée plus rare – de transparence. La banque Vontobel dont l’actionnariat majoritaire est constitué de la famille zurichoise éponyme, entre dans ce cas de figure, ce qui en fait un modèle unique. Depuis 2004, le groupe, dont la branche genevoise va fêter son centenaire en 2011, compte notamment comme actionnaire minoritaire (12,5 %) Raiffeisen Suisse, connu historiquement pour son engagement mutualiste. Alors que les perspectives financières souffrent encore des turbulences causées par la crise dite des « subprimes », le groupe vient de faire paraître des résultats en forte progression en 2007, avec un bénéfice consolidé de 263,2 millions de CH (160 millions d’euros). « La crise financière américaine n’a pas eu d’effet direct sur nos activités dans la mesure où nous n’avions pas d’engagements dans les secteurs touchés », note Cédric Anker, directeur général de Vontobel Genève qui emploie 90 personnes contre 1 200 pour l’ensemble du groupe. La croissance du résultat de la banque a fait progresser le montant des actifs sous gestion qui sont passés à 79,5 milliards de CH (58 milliards d’euros), l’afflux net d’argent frais en provenance d’une base de clientèle nouvelle étant à l’origine, pour plus de 8 %, de cette augmentation.

Chargé des pays d’Europe latine – France, Italie, Belgique, Espagne où le groupe dispose d’un bureau à Madrid et bientôt d’un autre à Marbella –, Cédric Anker considère que l’Europe de l’Est constituera à son tour d’ici peu une région d’importance pour le bureau de Genève dont le critère de sélection des clients n’est pas fonction d’un quelconque ticket d’entrée mais d’un potentiel à long terme. « Chez nous, avec dix ans de présence moyenne il y a peu de turn-over dans notre personnel. Il en va de même de notre clientèle avec qui nous entretenons des liens de longue durée basés sur la confiance et le dialogue permanent. » Le groupe Vontobel, dont le core business est la gestion de patrimoine pour des clients privés et institutionnels, distribue également nombre de produits structurés pour des banques plus petites de la place. Elle fournit aussi la banque Raiffeisen en fonds de placements et en produits structurés dont elle est une spécialiste reconnue. « Nous sommes la première banque suisse pour les produits structurés cotés en Bourse », se réjouit Cédric Anker, qui conseille dans l’immédiat à ses clients une politique d’attente et de réduction des risques sur les marchés en actions, du fait des incertitudes qui subsistent sur le marché américain. « Quand il y a trop de brouillard, on ne va pas skier et on reste au chalet ! », prône-t-il. Sagesse suisse.