Devenues un véritable cheval de bataille pour le gouvernement chinois, les nouvelles routes de la soies cristallisent beaucoup d’interrogation et attisent la curiosité des admirateurs comme des détracteurs de l’Empire du Milieu. La Chine, bien qu’en guerre économique ouverte avec les puissances occidentales, continue son opération séduction auprès de ses futurs partenaires. Afin de ne pas rester les bras croisés, la CCI Paris Ile-de-France a ainsi effectué un lot de recommandations pour concurrencer efficacement les rivaux chinois.

Avec la situation géopolitique actuelle, le projet des nouvelles routes de la soie suscite l’inquiétude dans de nombreux pays. Néanmoins, vu l’opportunité économique d’envergure qu’offre cette nouvelle ouverture de la Chine, aucun acteur économique n’a envie de laisser passer cette chance. La CCI Paris Ile-de-France a déjà eu l’occasion de se positionner sur le sujet en janvier à l’occasion de son Assemblée générale.

Ce qui est en jeu avec le projet chinois, selon Alain Eygreteau à la tête de la commission « économie et financement des entreprises » au sein de la CCI, c’est la place de la France et de l’Europe ainsi que son attractivité concernant les nouvelles routes de la soie. Mais au-delà des conséquences nationales et continentales, au niveau local l’enjeu reste très important pour les territoires, ceux-ci pourraient voir leurs habitudes modifiées par la concurrence chinoise, notamment en terme d’infrastructures. Les entreprises françaises et européennes vont devoir elles-aussi rester compétitives pour ternir la concurrence face à leurs homologues chinois.

« La France doit négocier avec la Chine sans naïveté »

Dans ce contexte, la CCI Paris Ile-de-France prône le réalisme économique, ne pas répéter les mêmes schémas pouvant mener à une trop grande naïveté française comme le pointent certains. La France doit répondre à la proposition chinoise avec pragmatisme selon la CCI. Si la France n’est concrètement pas dans la boucle physique des nouvelles routes de la soie, que ce soit au niveau ferroviaire ou maritime, ce qui souligne au passage un potentiel manque d’attractivité des ports français concernant les échanges entre l’Asie et l’Europe, elle fait office de Terminal sur les routes numériques et ne peut ignorer la Chine.

Le France peut en revanche se targuer de faire partie des fers de lance en terme de coopérations économiques entre entreprises chinoises et étrangères. Largement implantées en Chine, les entreprises françaises sont actives dans des secteurs très variés, comme le numérique, le transport, la santé ou encore l’agriculture. La France a tout intérêt à tirer son épingle du jeu en continuant à développer à la fois sa coopération et sa compétitivité avec la Chine, d’autant que les nouvelles routes de la soie intéressent déjà grandement les voisins italiens ou allemands.

La CCI rappelle des points essentiels à ses yeux pour collaborer efficacement avec les chinois : travailler en commun sur les normes et standards, travailler avec les pays tiers à partir des liens techniques, développer une vision commune dans la recherche ou encore fédérer les entreprises au sujet des nouvelles routes de la soie. D’autant que ce projet «est un levier de croissance potentiel fabuleux pour les entreprises françaises» selon la CCI Paris Ile-de-France.