Faisant face à une crise sans précédent, les CCI françaises ont toutes plus de mal les unes que les autres à tenir face aux réductions de budgets imposées par l’État. La CCI Morbihan qui annonçait miser sur la formation professionnelle en septembre 2017 a plus de mal, désormais, à continuer son action.

Réunie en assemblée générale fin juin à Lorient, la CCI Morbihan dirigée par Pierre Montel depuis maintenant un an et demi réfléchit aux solutions qui se posent à elles pour continuer à subsister. Pierre Montel déclare ainsi : «Les réductions budgétaires imposées par l’État sont drastiques et brutales. Elles brident nos actions et nos projets. Mais elles nous obligent aussi à être plus efficaces».

La cause de ces problèmes est la baisse des taxes pour frais de chambres voté dans le budget 2018. Les budgets sont ainsi passés de 6.90 millions d’euros en 2017 pour la CCI Morbihan et ses 30 000 entreprises, à 5.40 millions d’euros pour 2018. Les budgets devraient fondre d’encore un million en 2019 s’agace Pierre Montel: «la douche est sévère. Il faut maintenant inventer un nouveau modèle pour demain».

La CCI souhaite rentabiliser la gestion du port et de l’aéroport de Lorient

Le préfet du Morbihan, Raymond Le Deun, qui était présent à l’Assemblée Générale s’est fait le porte-parole du gouvernement: «je ne peux que comprendre votre émotion. L’État lui-même a concédé des efforts. Je fais confiance à la Chambre pour s’adapter et rebondir». La CCI a expliqué avoir déjà fait nombre d’efforts liés à la mutualisation de ses activités et en ouvrant la Chambre consulaire sur le monde économique et politique.

Pierre Montel met aussi en avant la signature de 12 conventions avec les EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) du département, ou encore un partenariat avec Pôle-Emploi. «Nous optimisons encore les complémentarités sur le commerce de centre-ville, le numérique, l’énergétique. La CCI est en train de devenir une grosse agence de développement économique sur le département».

La CCI évoque aussi la mise en place de service payants, notamment à destination des collectivités, et la vente de foncier pourra également combler quelques trous dans le budget de la CCI sur le court-terme. La Chambre compte aussi réfléchir à comment tirer des bénéfices du port et de l’aéroport de Lorient qu’elle gère et éviter les pertes dans sa gestion (l’Aéroport Lorient-Bretagne-Sud ayant enregistré 386 000€ de déficit cumulé en 2017).