La Chambre de commerce du Canada dresse des perspectives économiques en demi-teinte

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D.R.
« L’économie canadienne tourne, mais ses moteurs » ralentissent, estime le rapport Perspectives économiques 2011-2012 de la Chambre de commerce du Canada.

 

En effet, le Canada est rapidement sorti de la récession. Un peu trop rapidement pour que cela dure ? « La crise n’est pas terminée », a rappelé ces dernières semaines le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney. La plupart des prévisions économiques évoquent un frein à cet élan pour les deux années à venir, alors que le gouvernement Harper a confirmé son intention de se concentrer sur la réduction du déficit fédéral. La phase de relance du plan d’action économique est définitivement close et la seconde étape disposera d’un budget d’investissement public plus restreint et très ciblé. Une décision accueillie favorablement par la Chambre de commerce du Canada, qui s’inquiète davantage du « déficit commercial record » enregistré au troisième trimestre 2010 par le pays.

« En 2011, les ventes à l’exportation demeureront probablement aléatoires, reflétant la demande stagnante aux États-Unis », indique le rapport consulaire Perspectives économiques 2011-2012. « Le dollar canadien représente une menace additionnelle au secteur des exportations. » Plus optimiste sur les importations, la Chambre table sur leur diminution, qui n’empêchera toutefois pas le maintien du déficit commercial cette année et en 2012. Le rapport s’attarde également sur les disparités provinciales en matière de croissance. Alors que « l’économie très diversifiée » du Manitoba offre « de très bonnes perspectives de croissance à long terme », l’Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick, « axées sur la fabrication », enregistreront une croissance inférieure à la moyenne nationale, selon la Chambre de commerce.
Le rapport est disponible dans son intégralité sur www.chamber.ca

Tina Kremmidas, auteur du rapport de la chambre du canada: soutenir le secteur privé

Commerce International : Comment réagissez-vous à la nomination de William Daley – également appelé Bill Daley – comme chef de cabinet du président Obama ? Est-ce un bon présage pour les échanges canado-américains ?

Tina Kremmidas : « Bill Daley possède une vaste expérience du secteur privé et des liens très étroits avec le milieu des affaires. Il a été un ardent promoteur de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et a coordonné une campagne fructueuse pour le faire adopter, lorsqu’il était conseiller juridique spécial du président Bill Clinton. Il a également coordonné l’effort pour établir des relations commerciales permanentes normales avec la Chine. Son expérience antérieure et sa vision du monde auront certainement un impact constructif sur les politiques adoptées par la Maison Blanche, tant nationales qu’étrangères. »

La Chambre du Canada ne semble pas inquiète de la fin des mesures de relance budgétaire. Pensez-vous que le secteur privé est prêt à porter seul le maintien de l’économie à flot ?

T. K. : « Comme première étape de redressement budgétaire, il faut mettre un terme aux stimulants financiers. Pour que la reprise soit durable, le secteur privé doit reprendre son rôle de principal moteur de création de richesses et d’emplois. Il est prévu que l’augmentation des profits des sociétés, l’amélioration de la situation de l’impôt à l’investissement et les pressions croissantes exercées sur les entreprises pour accroître la productivité de la main-d’œuvre dicteront les investissements des entreprises dans la machinerie et l’équipement en 2011 et en 2012. Même si le secteur des affaires sera un contributeur majeur de la croissance en 2011, il ne sera pas le seul à y contribuer. D’autres secteurs de l’économie contribueront également à la croissance, bien qu’à un rythme plus modéré. »

Quel regard portez-vous sur les difficultés financières que connaît l’Europe actuellement ? La Banque centrale américaine s’inquiète par exemple « d’éventuelles retombées économiques et financières » si la situation venait « à empirer ».

T. K. : « Je crois que la Banque du Canada a très bien résumé la situation. Pour elle, “ les inquiétudes subsistent au sujet des finances publiques et du secteur bancaire de quelques pays de l’Europe périphérique, et un choc négatif risquerait de provoquer des tensions renouvelées sur les marchés financiers internationaux. Les pressions accrues sur les marchés des changes et les risques liés aux déséquilibres mondiaux croissants sont devenus une importante source de vulnérabilité ” (1). »

(1) Tina Kremmidas cite ici le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (octobre 2010)