La France, premier exportateur mondial de technologies routières

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En France, le marché de la construction routière pèse 22 milliards d’euros, dont 8 milliards réalisés à l’étranger. La bonne renommée des technologies françaises liées à ce secteur à travers le monde s’exprime aussi en termes d’emploi: 95 000 salariés en France, environ 50 000 à l’étranger. Cela s’explique tout d’abord par la réussite de Colas et Eurovia, deux groupes français respectivement numéros 1 et 2 du marché mondial, devant Hochtief AG (Allemagne), China Communications Con. Grp. Ltd (Chine) et Strabag SE (Autriche). Présents dans une cinquantaine de pays, dominateurs en Europe et en Afrique, challengers sérieux en Amérique du Nord, Colas et Eurovia doivent aussi leur succès à un système « à la française » qui privilégie les partenariats public-privé et joue la carte de l’accompagnement de l’innovation via des concours nationaux et l’exportation du savoir-faire hexagonal.

 

Cela vient s’ajouter à une bonne coordination entre les différents secteurs: matières premières, techniques, centres de recherche performants. « Nous avons une double approche: optimiser les produits et les concepts et toujours adapter la route au trafic local, aux composants utilisés, au climat… Le but est de construire des routes durables », explique Pierre Calvin, directeur de la prospective et des relations institutionnelles du groupe Colas et président de l’Association Technique de la Route (ATR). Outre un enjeu économique évident, la route durable représente d’importants enjeux sociaux et environnementaux. « Il faut reconnaître à ce sujet que le Grenelle de l’Environnement, s’il n’a pas été parfait, a permis de faire avancer les choses dans ce secteur », analyse Yves Krattinger, président du conseil général et sénateur de la Haute-Saône et président de l’Institut des routes, des rues et des infrastructures de la mobilité (IDRRIM).

 

Né de la convention d’engagement volontaire du 25 mars 2009 signé par l’État, l’Assemblée des Départements de France, la Fédération Nationale des Travaux Publics, l’Union des Syndicats de l’Industrie Routière Française, le Syndicat Professionnel des Terrassiers de France et Syntec Ingénierie, cet organisme propose un programme ambitieux pour le secteur à réaliser d’ici 2020. Parmi les mesures annoncées se trouvent le réemploi ou la valorisation de 100% des matériaux extraits, le recyclage de 100% des routes, la réduction de 33% des émissions de gaz à effets de serre, l’établissement de méthodologies liées à la biodiversité, l’amélioration de la sécurité routière lors des travaux et de la R&D et la déclinaison locale de cet engagement national.

 

Ce dernier point est important : en France, l’État ne gère que 11 500 km de routes contre… 385 000 km pour les départements. Plus généralement, c’est toute l’industrie routière qui semble avoir à cœur de changer son image. « Le salon Intermat (16 au 16 avril 2012, Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte, NDLR) sera, je pense, une bonne occasion de démontrer la valeur des technologies françaises du secteur », affirme Jacques Bonvallet, directeur marketing et commercial de Fayat. « Cet événement permettra aussi aux professionnels de constater les premières retombées du Grenelle de l’Environnement et de découvrir les progrès réalisés dans l’ergonomie et la lutte contre les troubles musculo-squelettiques (TMS) ».