La poule ou l’œuf, le logiciel libre qui veut révolutionner l’édition de livres

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Comment allez-vous révolutionner l’édition de livres ?

 

« L’idée est de proposer sur le Web des outils professionnels qui permettent de gérer l’ensemble de la chaîne éditoriale de textes longs : thèses, livres, rapports, contrats, documentations techniques, mémoires… Nous ne nous adressons pas à l’édition d’articles que l’on voit sur les sites Web d’information, lesquels sont des textes courts. »

 

Qu’entendez-vous par « outils de chaîne éditoriale » ?

 

« Vous prenez un texte long. Avec nos logiciels collaboratifs sur Internet, nous pouvons les rendre multiformat, multimédia, multicanal et interactif. On rédige une seule fois le texte et on multiplie les canaux et formats d’accès à ce texte : le célèbre PDF (Portable Document Format) d’Adobe pour les imprimeurs et notamment les opérateurs d’impression à la demande comme on en voit sur Internet, à l’instar de lulu.com. »

 

Quels sont les autres formats ?

 

« Il y a tout d’abord ceux de l’édition électronique, comme ePub pour les livres électroniques qu’on appelle aussi liseuses (ou Reader en anglais). Le format ePub est adopté par des machines comme le Reader de Sony ou le Cybook de Booken… On trouve un grand nombre de fabricants de ces machines dans le monde. Elles ont fait l’objet d’une guerre, comme on l’avait vu autrefois avec les K7 vidéo. Mais ePub est en train de s’imposer comme le vrai standard. Ces liseuses, qui comprennent le PDF ou ePub, recourent à la technologie d’écran eInk qui offre à la fois un grand confort de lecture et une grande autonomie de batterie. »

 

Quels sont les autres canaux d’édition auxquels vous vous attaquez ?

 

« Surtout le Web ! Certes, ce dernier ne nous a pas attendus pour faire de l’édition, mais nous permettons aux éditeurs de publier aussi bien sur les smartphones, les TablettPC comme l’iPad, le JooJoo ou l’Archos et bientôt celui de Google. Évidemment, les livres électroniques élaborés avec nos solutions fonctionnent également sur les ordinateurs et notamment les netbooks. Plus généralement, nous pouvons sortir un ouvrage sur n’importe quelle machine disposant d’un écran. Comme les bornes interactives pour lire la documentation d’un produit sans défaire l’emballage. On peut imaginer de coller un Qcode (une sorte de code-barres) pour le lire à l’aide de son smartphone. Le Qcode vous basculera immédiatement vers un site Web qui affiche la documentation sur le mobile. »

 

Le livre électronique est-il plus intelligent ?

 

« Nous apportons quelque chose de très nouveau : la notion de design éditorial grâce aux technologies pour le Web. Par exemple, on donne la possibilité aux éditeurs d’enrichir le contenu de leurs ouvrages avec de la géolocalisation, du streaming, de la vidéo, des connexions aux réseaux sociaux… Et nous le faisons à l’intérieur même des ouvrages ! »

 

Que cela signifie-t-il ?

 

« Par exemple, la géolocalisation à l’intérieur du livre est très utile et agréable dans le cas d’un livre sur les monuments historiques de Paris. Goggle Maps permettra de savoir où se situe la célèbre Bastille dont on fête la prise en France le 14 juillet. Nous faisons donc entrer Google Maps dans un livre. De même, on peut éditer des livres en streaming. Cela veut dire que l’on peut feuilleter un livre sur Internet avant de l’acheter ou de n’en acheter qu’un chapitre. Le streaming éditorial est appelé à devenir un véritable modèle économique pour l’édition de livres. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Quant à la vidéo, on peut l’insérer dans un livre électronique comme jusqu’alors, on insérait des photos, des dessins ou des illustrations. Ici, l’image fixe devient animée. À la place d’une photo, on aura donc une vidéo, mais également, le dessin peut devenir dessin animé ! Imaginez aussi des illustrations interactives. Dans un ouvrage économique, la courbe du prix du pétrole peut être affichée aussi bien sur les six derniers mois que sur les cinquante dernières années. Toutes ces informations sont déjà sur le Web sémantique, appelé encore le Web de données, promu par Tim Berners Lee, l’inventeur du World Wide Web. »

 

Pourquoi insérer des réseaux sociaux dans les livres ?

 

« Pour partager des citations, pour en suggérer, pour enrichir le contenu grâce à ses amis qui vont ainsi laisser des commentaires. Cela peut d’ailleurs être d’une haute valeur pédagogique dans une classe qui étudie Les Misérables de Victor Hugo. Chaque élève peut laisser ses remarques, ses rêves, ses émotions, ses questionnements… »