Confronté à des problèmes géopolitiques majeurs, Israël se renouvelle constamment pour faire face aux défis technologiques qui sont les siens. La CCI Australie-Israël qui a bien compris tout l’intérêt économique à tirer dans le domaine de l’innovation souhaite que le gouvernement australien soit plus ambitieux dans ses choix économiques.

Le gouvernement australien ne peut pas se permettre de bricoler avec l’innovation, il doit être beaucoup plus courageux selon Michelle Blum, Directrice générale de la Chambre de Commerce Australie-Israël. «Il faut qu’il y ait un plus grand sentiment d’urgence à ce sujet. C’est l’une des choses que vous ressentez en Israël – il y a toujours un sentiment d’urgence», dit-elle au pouvoir en place.

Une grande partie de ce sentiment d’urgence vient des défis géopolitiques auxquels Israël est confronté, ainsi que de son ampleur et de son manque de ressources naturelles. En revanche, Michelle Blum met aussi en avant les avantages de l’Australie : «nous avons eu la chance d’avoir un pays magnifique, des ressources étonnantes et une qualité de vie merveilleuse. Par le passé, nous avons pu compter sur une croissance tirée par les matières premières et il est clair qu’à l’avenir, ce n’est pas une option pour nous.»

La CCI Australie-Israël loue la prise de risque économique de l’État hébreu…

«Si nous n’apportons pas de changements significatifs, nous allons louper une formidable opportunité économique», selon Michelle Blum qui ajoute que le risque est que l’Australie subisse plus intensément encore la concurrence de pays comme la Chine, Singapour et Israël, où les gouvernements soutiennent significativement l’innovation.

Michelle Blum souhaite que les entreprises australiennes s’inspirent bien plus de leurs homologues israéliens. Pointant du doigt l’état d’esprit des entreprises australiennes, elle aimerait que celles-ci aient une vision plus générale : «En Australie, nous avons tendance à nous concentrer davantage sur « est-ce que nous pouvons réussir en Nouvelle-Galles du Sud, à Victoria ou encore en Nouvelle-Zélande », mais nous n’avons pas vraiment conscience des enjeux au niveau mondial.»

…mais se montre bien plus critique envers la frilosité australienne

Les entreprises australiennes doivent également repenser les risques et intégrer la culture de l’échec qui fait partie du processus d’apprentissage pour construire une entreprise prospère.

Ce n’est pas seulement les affaires qui doivent être repensées, prévient-elle: «Le rôle du gouvernement a été très important dans la fourniture d’un soutien. On ne peut pas bricoler, il faut être plus courageux.»

Selon Michelle Blum, l’Australie a besoin d’une plus grande ambition concernant sa stratégie économique et souhaite que l’innovation soit le leitmotiv du pays notamment dans des secteurs comme la science, l’internet et les nouvelles technologie.

«Lorsque vous voyagez en Israël, vous avez un sens très fort d’un récit national et d’un programme pour le pays en termes d’innovation dans des domaines devenus stratégiques pour peser sur l’économie mondiale.»

Les entreprises australiennes elles-mêmes semblent très désireuses d’apprendre ce qu’elles peuvent d’Israël. Lorsque la Chambre a commencé à organiser des missions commerciales en 1989, elle en organisait deux ou trois chaque année. L’an dernier, plus de 30 missions commerciales d’Australie se sont rendues en Israël.

Le programme de formation des cadres de la CCI Australie-Israël, qui est géré en partenariat avec l’Université de Tel Aviv, a également démarré en 2018. Il a été conçu pour stimuler la transformation numérique dans le monde des affaires et permettre aux étudiants de mieux comprendre le paysage technologique perturbateur. Au premier semestre, 25 étudiants ont participé.

La directrice pointe aussi du doigt la politique intérieure australienne empêtrée dans un confort qui convient aux responsables politiques pour ne prendre aucune décision risquée «c’est le manque d’urgence qui fragilise le pays», notamment à cause des responsabilités partagées entre les États et la direction fédérale.

«Là où Israël a réussi, c’est en étant très stratégique, en prenant de gros investissements et en se concentrant vraiment de manière stratégique dans des domaines dans lesquels Israël peut être fort, comme la cybersécurité par exemple, ainsi que la technologie des véhicules autonomes et la santé numérique. Il y a cette approche stratégique continue sur les industries qui seront importantes pour le monde et ce que nous pouvons faire ici pour y jouer un rôle clé.»