La zone euro dégradée

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En dégradant la note de la France et huit autres pays de la zone euro, l’agence Standard & Poor’s a mis en lumière une vérité connue des marchés, l’hétérogénéité des États de l’Euroland.

L’agence Standard & Poor’s a dégradé d’une note cinq pays: la France, l’Autriche, Malte, la Slovaquie et la Slovénie. Elle a baissé de deux crans les évaluations de quatre États: Espagne, Italie, Portugal, Chypre. Et 14 États, dont la France, sont sous le coup d’une « perspective négative », ce qui signifie qu’ils ont au moins une chance sur trois d’être dégradé dans les deux ans. La décision de S&P confirme une zone euro à quatre vitesses. D’abord l’élite qui bénéficie toujours de la meilleur note possible, le AAA: l’Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ensuite, viennent les Etats solides mais n’offrant plus la sécurité maximale : la France (AA+), la Belgique (AA), l’Autriche (AA+) et l’Estonie (AA-). Suivent les Etats en difficultés mais toujours dans la moyenne: Slovénie (A+), Espagne (A), Slovaquie (A), Irlande (BBB+), Malte (A-) et l’Italie (BBB+). Enfin, les derniers de la classe, ces pays classés dans la catégorie junk bounds (obligations pourries): Portugal (BB), Chypre (BB+) et Grèce (C). L’agence estime insuffisantes les initiatives prises par les Européens ces dernières semaines pour résoudre les tensions systémiques en Europe. Elle s’inquiète également des conséquences économiques des politiques de rigueur extrême menées en Europe. S&P exige enfin que les décideurs européens cessent leur conflit ouvert pour apporter des réponses convaincantes à la crise.