L’alimentation bio en légère perte de vitesse

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D.R.
Une étude dresse un état des lieux de l’évolution du marché de l’alimentation biologique en France au cours des trois prochaines années.

Selon une étude du cabinet Xerfi publiée le mois dernier, une hausse spectaculaire de la consommation des produits biologiques a été observée depuis 2006, avec des taux de croissance annuels de 10% à 25%. Ceci représente un doublement de la consommation des produits depuis 2005, fortement dynamisée par la grande distribution qui a contribué à une hausse de l’offre et à une baisse des prix. D’ailleurs, la part des ventes réalisée en GMS (grandes et moyennes surfaces, ndlr) devrait dépasser 50% d’ici à 2015, et ce au détriment des circuits de distribution spécialisés.

 

Au total, le chiffre d’affaires de l’alimentation bio s’est établi à 3,65 milliards d’euros en 2011. Toutefois, un ralentissement a été observé depuis l’année dernière, expliqué en grande partie par une conjoncture économique difficile. Et « les prix des produits issus de l’agriculture biologique sont toujours 50 à 60% plus élevés que les mêmes produits non issus de cette filière », indique Isabelle Senand, directrice d’étude spécialisée dans l’industrie agro-alimentaire chez Xerfi. Pour elle, le critère prix constitue le premier critère de choix dans un acte d’achat. Isabelle Senand souligne également le mécanisme d’essoufflement naturel d’un marché qui, après une période de démarrage très dynamique, aura forcément plus de difficultés à recruter de nouveaux consommateurs.

 

Et en Europe ?

En 2009, la consommation de produits alimentaires biologiques dans l’Union européenne était estimée à 17,3 milliards d’euros, dont un tiers en Allemagne. Par ailleurs, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie consomment à eux seuls 72% des produits issus de l’agriculture biologique de l’Union européenne1. Les pays dans lesquels la part des produits biologiques est la plus importante sont l’Autriche (8% des produits alimentaires consommés étaient bios en 2009), le Danemark (7,2%) tandis que l’Allemagne, le Luxembourg et la Suède dépassent le seuil des 3%. Depuis la crise économique, certains pays ont vu leur consommation régresser fortement, à l’instar du Royaume-Uni (-13% en 2009, -5,9% en 2010).

 

Le « locavorisme » se développe

S’il devrait continuer de croître, le marché de l’alimentation biologique ne devrait pas progresser de plus de 5% en 2012 et cette croissance modérée restera stable au cours des années suivantes. Le chiffre d’affaires du marché atteindrait 4,5 milliards d’euros en 2015. Parallèlement, une progression nette des produits locaux a été observée par le cabinet Xerfi. « Le locavorisme se développe fortement », note Isabelle Senand. Deux explications à cette tendance: d’une part, la sensibilisation croissante des consommateurs à la protection de l’environnement implique une réduction de l’empreinte carbone des foyers; d’autre part, la tendance au repli sur soi incite à consommer localement pour protéger « son » bassin d’emploi et de consommation et redynamiser ainsi l’économie du territoire d’habitation.

 

1 Source: L’agriculture biologique dans l’Union européenne (2011):

http://www.agencebio.org/upload/pagesEdito/fichiers/CC_Ed2011_Chap3.pdf