Le cabinet d’audit et expertise comptable BSF se décide à dépasser les limites régionales de l’Aquitaine

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Être classée première entreprise de sa région pour ses performances et sa croissance : la chose n’est pas banale, surtout pour une entreprise dont le domaine d’activité est plutôt réputé pour sa discrétion, sinon sa grisaille. C’est pourtant ce qui est arrivé au cabinet d’expertise-comptable libournais BSF (Bez, Supéry, Fouin), classé première entreprise d’Aquitaine en 2005 par Le Figaro Entreprises, la Coface et France Bleu. « Quand j’ai appris la nouvelle de ce classement, j’ai cru au début que c’était une blague d’un collègue », admet Jean Supéry, président de ce cabinet qui revendique haut et fort son indépendance et son ancrage dans le tissu aquitain. « En réalité, en misant sur une croissance interne forte et des méthodes de travail qui nous sont propres, nous avons ces dernières années connu une croissance de plus de 5 % en moyenne par an ! » Avec 140 mandats de commissariat aux comptes, le plus important d’entre eux représentant environ 100 000 euros d’honoraires, le cabinet a cependant dépassé les limites régionales pour des missions d’audit légal réalisées dans tous les secteurs d’activité. C’est ainsi que le cabinet vient de formaliser début janvier les activités de son cabinet de Cayenne en Guyane.

 

Présent aussi à Saint-Barthélemy et en Guadeloupe, le cabinet compte en tout plus de 2 000 clients en expertise-comptable, dont 700 dans le domaine viti-vinicole, secteur d’activité dont l’entreprise s’est fait une spécialité au fil des ans. Créé en 1968, le cabinet a su profiter en 1972 de l’obligation faite aux viticulteurs de passer à un mode de fiscalité au réel pour devenir l’une des références dans le suivi de gestion des domaines viticoles et des coopératives. Professeur de droit fiscal agricole à l’école de notariat et à l’université de Bordeaux, Jean Supéry et ses treize experts-comptables, dont dix associés, sont reconnus dans ce secteur particulier marqué par des besoins de financement importants et une valeur patrimoniale énorme, et où il est important de disposer d’une vision claire des enjeux de transmission. Parmi les clients actuels, on compte des signatures prestigieuses du vignoble bordelais : château Dassault, grand cru classé de Saint-Émilion, Petrus (Pomerol), château Figeac ou Bel Air. À l’échelle internationale, BSF agit aussi de plus en plus pour des implantations viti-vinicoles en Amérique du sud ou en Californie, et cela pour le compte de maisons aussi prestigieuses que les familles Rothschild ou Dassault. « Notre métier est plus un métier de conseil que de comptable, et c’est vrai que dans ce domaine viti-vinicole comme dans d’autres, nous sommes considérés comme des référents », estime Jean Supéry, dont le cabinet a développé une forte activité juridique propre (dix personnes), ce qui ne l’empêche pas, au coup par coup, de travailler avec des cabinets d’avocats ou de notaires.

 

Autre caractéristique du cabinet : le degré de formation élevé des collaborateurs, un expert-comptable ayant au maximum cinq ou six personnes sous ses ordres. Embauchant en moyenne de 4 à 5 nouveaux salariés par an qui seront formés en interne, et avec un turnover de seulement 1 à 2 %, BSF se définit de plus en plus comme un expert généraliste, ou plutôt comme le généraliste du spécialiste : « Nous sommes une sorte de chef d’orchestre qui allons chercher la bonne information et le bon conseil chez le spécialiste, mais c’est nous qui l’adaptons à notre client et au cas qui se présente ». Privilégiant l’intuitu personae et l’esprit de synthèse, BSF propose une vision à l’opposé de celle dispensée par les grands cabinets anglo-saxons, où la spécialisation des jeunes experts ou auditeurs se fait justement trop au détriment de leur capacité à voir l’essentiel et à faire la synthèse entre le juridique, le fiscal et le comptable. Être un gros parmi les petits ou un petit parmi les gros n’a pas que des inconvénients !