Le dessous des cartes, de Kyoto à Copenhague, un film de Jean-Christophe Victor

39
À quelques jours de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Copenhague, on s’étonne de la quasi-absence d’outils pédagogiques et culturels pour comprendre ses enjeux.

Le double DVD intitulé De Kyoto à Copenhague, énergies et environnement fait exception. Édité par Arte France, ce coffret est proposé par Jean-Christophe Victor, concepteur du magazine géopolitique Le dessous des cartes – diffusé chaque semaine sur Arte. Les 25 émissions se divisent en deux volets : « énergies » et « environnement ». Car « tout est lié », annonce Jean-Christophe Victor dans son éditorial. « C’est l’utilisation excessive des énergies fossiles qui contribue à l’augmentation de la température de notre atmosphère. C’est l’urbanisation excessive ou les déforestations qui font disparaître progressivement les richesses de notre biodiversité. » Le coffret livre des connaissances de base sur différents sujets énergétiques grâce à des approches thématiques, régionales et sectorielles, et permet de connaître les perspectives à long terme sur ces questions. Une recherche complémentaire s’avère nécessaire lorsqu’il s’agit de faits précis. L’émission intitulée Géopolitique du gaz, réalisée en 2007, évoque par exemple le projet Nabucco.

 

Ce gazoduc de 3 400 kilomètres de long permettrait d’acheminer du gaz de l’Asie centrale vers l’Europe de l’Ouest via la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, l’Autriche et la Hongrie. L’Union européenne, qui soutient le projet, souhaite ainsi réduire sa dépendance énergétique à la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs de gaz naturel (40 %). Depuis le tournage, un accord sur Nabucco a été signé entre les cinq pays concernés (13 juillet 2009). La mise en chantier est prévue pour 2011 et le coût estimé à 7,9 milliards d’euros. Plus ancré dans l’actualité, le volet environnemental du coffret permet de comprendre l’héritage de Kyoto et les enjeux de Copenhague. L’obligation de « développement propre » des pays les plus pauvres est particulièrement bien exposée, exemples à l’appui (chapitre « Négociations climatiques : 2-Copenhague »). « Depuis le début de l’application du protocole de Kyoto, signé en 2005, 1 792 projets (d’investissement dans le « développement propre », ndlr) ont permis de ne pas envoyer dans l’atmosphère 312 millions de tonnes de CO2 », apprend-on. « Cela paraît bien peu en regard des 29 milliards de tonnes émises en 2005 (1). D’autre part, ces investissements sont très inégalement répartis (…). On ne trouve que 33 projets pour la totalité du continent africain, dont 16 dans la seule Afrique du Sud. »

 

(1) Selon le mensuel anglais Nature Geosciences, les émissions mondiales sont en hausse de 29 % depuis l’an 2000 (www.nature.com/ngeo). Les chiffres varient considérablement d’une source à l’autre.

 

Le dessous des cartes, de Kyoto à Copenhague
Proposé par Jean-Christophe Victor
Arte Éditions (novembre 2009)
265 minutes, 24,99 euros