Le Festival de Cannes, le grand business du Tapis Rouge

1008

Présidé cette année par la réalisatrice, scénariste et productrice néo-zélandaise Jane Campion, le 67e Festival de Cannes effectuera son lever de rideau le 14 mai prochain. Au-delà de l’engouement que draîne cet événement magique planétaire, le plus célèbre des concours du septième art est également le plus grand marché mondial du cinéma. Eclairages.

A la présidence, la réalisatrice, scénariste, productrice Jane Campion. Dans le jury, les actrices Carole Bouquet, l’iranienne Leila Hatami, la coréenne Jeon Do-yeon, l’américain Willem Dafoe pour ne citer que les plus grands. Et en maître de cérémonie, l’excellent Lambert Wilson…

Le casting est à la hauteur du business caché derrière ces festivités cinématographiques qui s’étaleront du 14 au 25 mai prochains. Cannes, c’est simplement le plus grand marché mondial du 7e art rassemblant producteurs, distributeurs et même banquiers de la planète entière.

La naissance d’une usine à stars et à fric

Estimé à 20 millions d’euros, le budget vertigineux du festival est financé à moitié par des fonds publics. Apparu en 1939 à l’initiative de Jean Zay, ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, c’est finalement plus d’un an après la fin de la guerre, le 20 septembre 1946, que la première édition du festival s’ouvre, à Cannes.

Déjà dans le règlement de 1948 était inscrite l’ambition de ce concours géant. « Encourager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes et créer et maintenir un esprit de collaboration entre tous les pays producteurs de films ». Et très vite, l’événement est médiatisé suite à la venue de célébrités dans les années cinquante comme Kirk Douglas, Sophia Loren, Grace Kelly ou encore Birgitte Bardot… La manifestation atteint son but initial et séduit plus de 5000 journalistes. Pour les photographes de magazine, c’est simplement du pain béni.

Avec la création de son Marché du Film en 1959, le Festival acquiert une dimension professionnelle qu’il mettra à profit pour favoriser les rencontres et les échanges entre les différents acteurs de l’industrie cinématographique. Il lance notamment en 2004, le Producers Network, qui permet aux producteurs du monde entier d’échanger autour de leurs projets et le Short Film Corner, un rendez-vous dédié aux courts-métrages. Puis, dans la continuité du Brunch Documentaire plébiscité depuis sa création en 2008, il inaugure le Doc Corner en 2012.

A ses débuts, le Marché attire quelques dizaines de participants et ne dispose que d’une seule salle de projection. Aujourd’hui, 10500 acheteurs et vendeurs du monde entier se rendent chaque année à Cannes, ce qui en fait le 1er marché professionnel mondial. Chaque film en compétition à la sélection est destiné à être diffusé à coup sûr dans les salles françaises.

Inauguré en 2000, le Village International, tribune des cinématographies internationales, accueillait alors 12 pays et comptait 14 pavillons. Douze ans plus tard, il reçoit 60 pays dans 65 pavillons aménagés autour du Palais des festivals.

Enfin, pour la ville, ce sont pas moins de 150 millions de chiffre d’affaires qui sont générés pendant le festival aujourd’hui, sur les 834 millions annuel engrangés pour le tourisme d’affaires du Palais des festivals et des congrès. La ville de Cannes estime que l’équivalent publicitaire de la visibilité de la manifestation sur l’ensemble des médias est évalué à 40 millions d’euros par an. Et, sur les 16000 emplois créés sur l’ensemble de l’activité tourisme d’affaires, près de 2500 proviennent du seul Festival au Tapis Rouge.

« Le festival de Cannes est un no man’s land apolitique, un microcosme de ce que serait le monde si les hommes pouvaient prendre des contacts directs et parler la même langue. » Jean Cocteau

Le Festival de Cannes en 7 chiffres :

*20 millions d’euros, c’est le budget du festival dont la moitié provient de fonds publics par l’intermédiaire du Ministère de la Culture, de la Ville de Cannes et d’autres collectivités territoriales

*Plus de 12000 professionnels participant au « marché du film », ce qui en fait le plus gros du monde.

*5400 films présentés en une dizaine de jours

*60 mètres de tapis rouge

*19 : le nombre des feuilles d’or 18 carats de la Palme. De l’or produit équitablement cette année, assure le joailler suisse Chopard qui fabrique la célèbre récompense, posée sur un coussin de cristal de roche.

*4 : le nombre d’années où le Festival n’a pas pu se tenir. En 1939 quand il devait débuter, à cause de la guerre, en 1978 et 50 par manque d’argent, et en 1968 où il a été interrompu par les événements de mai.

*400
Nombre, environ, d’empreintes de mains prises par l’artiste Nadine Seul qui, chaque année, demande aux plus grandes stars de presser un bloc d’argile, avant d’effectuer des moulages d’acier qui ornent « l’Allée des Etoiles » autour du Palais des Festivals.