Le groupe Delpeyrat projette d’étendre ses parts de marché à l’international

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D.R.
Une démarche qui passe surtout par l’extension de son réseau de boutiques La Comtesse du Barry.

Par le biais de sa marque La Comtesse du Barry, le groupe Delpeyrat met actuellement les bouchées doubles pour étendre son offre vers de nouvelles destinations. Au cours des cinq prochaines années, ce sont 15 à 20 boutiques qui devraient voir le jour au-delà des frontières de l’Hexagone. « Si la marque Delpeyrat est surtout présente dans les grandes surfaces, La Comtesse du Barry permet au client d’accéder à de nombreux produits de notre offre à travers un circuit sélectif composée de boutiques, indique Thierry Blandinières (photo ci-dessous), président de Delpeyrat.

 

Il s’agit d’un réseau idéal pour la découverte des spécialités du Sud-Ouest français. Notre but est aujourd’hui de l’étendre davantage, sur plusieurs continents, pour promouvoir cette gastronomie française. » Le groupe compte 1 600 salariés et réalise 430 millions d’euros de chiffre d’affaires. La volonté d’expansion de l’offre repose donc en grande partie sur les atouts de La Comtesse du Barry. Cette marque a l’avantage de proposer un éventail de produits bien plus large que les produits Delpeyrat, qui regroupent le foie gras, les plats cuisinés et le jambon de Bayonne. Elle offre notamment du caviar, du saumon, des truffes, des terrines, des produits d’épicerie fine.

 

L’objectif: lui faire bénéficier d’une aura plus internationale en termes de qualité et d’image afin de pouvoir concurrencer le jambon de Parme, largement diffusé dans le monde. L’usine Delpeyrat de Montréal est ainsi utilisée en appui pour développer le jambon de Bayonne sur le marché nord-américain. « Nous espérons diffuser de plus en plus les produits Delpeyrat dans la grande distribution à l’étranger et ouvrir des boutiques La Comtesse du Barry dans les grandes métropoles mondiales, souligne Thierry Blandinières. Cette marque est un atout intéressant, car elle est associée à la gastronomie française dans de nombreux pays. Le foie gras, en particulier, reste un emblème des spécialités culinaires françaises. »

 

Blandinieres

On dénombre aujourd’hui quelque 70 boutiques La Comtesse du Barry en France, principalement dans les grandes villes, dans des zones haut de gamme dédiées à la gastronomie de luxe et les centres commerciaux premium. Le groupe Delpeyrat a racheté la marque en juin 2011 avec pour mission d’améliorer le maillage territorial en France et surtout à l’international. La présence de l’enseigne demeure pour l’instant embryonnaire à l’étranger. Il existe toutefois des boutiques à Monaco et en Belgique. « Fort de l’expérience de notre réseau en France, La Comtesse du Barry devrait être rapidement déployée dans d’autres pays et connaître un succès international », estime le président.

 

Les premières cibles de cette démarche d’expansion à l’étranger sont les États-Unis et le Québec, où le groupe dispose déjà d’un site de production Delpeyrat. L’idée est de profiter de cette implantation pour étudier les marchés de Montréal, Boston, Chicago et New-York, qui recèlent un pouvoir d’achat intéressant pour ce type de produits. La deuxième grande zone de développement prioritaire est l’Europe, notamment les pays limitrophes de la France et leurs principales métropoles. Aussi, une dizaine de boutiques devraient ouvrir leurs portes en Europe de l’Ouest dans les cinq ans à venir.

 

L’Asie, et en particulier le Japon et la Chine, constitue une autre zone ciblée par le groupe. Il est déjà représenté dans ces deux pays avec la marque Delpeyrat. L’idée est désormais de mettre en place des boutiques La Comtesse du Barry à Tokyo, Shanghai et Pékin pour promouvoir la marque. « La population chinoise et japonaise aisée est friande de luxe français, indique Thierry Blandinières. Dans ce contexte, notre objectif est de positionner la marque comme un symbole fort du savoir-faire gastronomique hexagonal dans l’ensemble de la zone Asie. » Les grandes villes russes sont également destinées à accueillir ces nouvelles enseignes. Moscou, notamment, présente un pouvoir d’achat en forte croissance et un grand intérêt envers les spécialités françaises typiques.

 

La sensibilisation gastronomique est une démarche essentielle. Le seul fait de proposer à la grande distribution étrangère ces produits ne suffit pas. Un « client chinois ne fera pas la démarche d’acheter du foie gras s’il n’a pas été auparavant informé et sensibilisé à l’intérêt du produit ». Pour cela, plusieurs démarches représentent des solutions synonymes de clés d’entrée dans un marché. Un grand chef qui propose sur sa carte une recette à base de foie gras ou les informations que peuvent fournir des vendeurs dans une boutique La Comtesse du Barry font partie des approches utilisées.

 

L’impact de la crise économique récente n’a pas été très fort sur les ventes de foie gras. Sur le marché français, le groupe Delpeyrat observe un taux de croissance de 5 à 6% par an depuis cinq ans. « L’explication est liée à la nature même du produit, estime Thierry Blandinières. Celui-ci se consomme à des moments exceptionnels, comme lors des fêtes de fin d’année. Même lorsque les temps sont plus durs, le client ne lésine pas sur ce type de dépenses. » Ce succès est également le fruit d’un important travail sur le long terme en matière de communication. « Les produits sont bien mis en avant et la grande distribution joue très bien le jeu en essayant d’élargir l’éventail de clients ciblés, poursuit-il. Néanmoins, il est important à l’heure actuelle de chercher les relais de croissance là où ils se trouvent, en l’occurrence dans les pays émergents. »

 

Enfin, la qualité des produits est bien sûr un atout en soi. Ils sont systématiquement issus de filières certifiées. Cela signifie que l’offre respecte des cahiers des charges stricts qui interviennent à tous les stades, de la production au contrôle. Nous revendiquons ainsi un terroir et une traçabilité. « Notre foie gras est labellisé IGP (Indication géographique protégée) Sud-Ouest, ce qui garantit son origine, ajoute Thierry Blandinières. Au même titre que pour le champagne, nous espérons faire évoluer cette étiquette vers une AOC (Appellation d’origine contrôlée), ce qui permettra d’avoir une meilleure visibilité à l’étranger de l’authenticité de ces produits régionaux. »