Le parc industriel et portuaire de Bécancour, un pas vers le marché nord-américain

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Avec des infrastructures gigantesques, le parc industriel et portuaire de Bécancour est un des plus importants du Canada. Véritable porte d’entrée du marché nord-américain, il concentre, à mi-chemin entre Montréal et Québec, de nombreux atouts économiques et logistiques.

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Au Québec, le parc industriel et portuaire de Bécancour n’est pas un parc industriel comme les autres. Il est en effet le seul à être propriété du gouvernement québécois tandis que tous les autres sont des propriétés privées ou appartiennent aux municipalités de la province. Créé au début des années 1960 (voir encadré) pour accueillir de grandes industries lourdes (métallurgie, chimie…), ce parc est exploité par la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour (SPIPB). « Notre mission est de favoriser le développement économique du Québec en incitant les entreprises à venir s’implanter sur notre site », explique Guy Leblanc, PDG de la SPIPB depuis quatre ans et ex-président de la Commission municipale du Québec de 2001 à 2004. « L’objectif que m’a fixé le gouvernement québécois en me nommant à la tête de la SPIPB était d’animer et de développer le Parc, car à l’époque il s’était écoulé dix années depuis la dernière implantation d’usine de fabrication sur notre site ! », rappelle ce notaire de formation qui a aussi été maire de la ville de Trois-Rivières de 1990 à 2001.

 

Plus de 2 000 hectares encore disponibles
Les résultats ne tardent pas à venir : en 2007, le groupe malaisien TRT-ETGO implante dans le parc de Bécancour une usine de fabrication d’huiles végétales pour la consommation humaine. Cette usine représente 80 emplois et un investissement de 165 millions de dollars canadiens, soit environ 103 millions d’euros. La société canadienne Bécancour Solaire a installé deux usines sur le site en 2007 et 2008, créant au total 185 emplois pour un investissement de 90 millions de dollars canadiens (56 millions d’euros). Enfin, l’année dernière, le groupe norvégien REC a annoncé l’implantation à Bécancour d’une usine de production qui permettra de créer 300 emplois avec un investissement estimé à 1,2 milliard de dollars canadiens (753 millions d’euros). En un peu plus de quarante années d’existence, le parc industriel et portuaire de Bécancour aura bien grandi. Situé en bordure du fleuve Saint-Laurent, à mi-chemin entre les villes de Montréal et Québec, il s’étend sur un territoire de plus de 6 900 hectares dont environ 2 135 des 3 201 hectares réservés à l’implantation d’entreprises industrielles et commerciales sont encore disponibles. Ses infrastructures industrielles sont impressionnantes : branché sur le réseau d’Hydro-Québec, le parc industriel et portuaire de Bécancour est considéré comme l’un des endroits où l’alimentation hydroélectrique est l’une des plus fiables en Amérique. Le parc s’alimente de trois sources hydroélectriques différentes : Churchill Falls, la Baie-James (deux des plus importantes au monde) et le réseau de la rivière Saint-Maurice. De plus, à la limite nord-est du parc industriel, on retrouve la centrale nucléaire Gentilly 2 (685 MW) secondée par une centrale d’appoint à turbines à gaz d’une capacité de 352 MW. Enfin, en 2005, TCQ a construit une usine de cogénération de 507 MW ; le parc de Bécancour peut donc compter sur six sources indépendantes d’électricité. Il est aussi desservi par deux lignes indépendantes de gaz naturel à haute pression de 2 400 kilopascals et un réseau souterrain permet d’alimenter les entreprises utilisatrices. Ces dernières consomment actuellement 31 000 m3 par heure et la capacité résiduelle s’élève à 13 000 m3 par heure.

 

Des installations portuaires imposantes
Le parc est par ailleurs bien alimenté en eau potable (avec deux réservoirs de 15 910 m3 et 4 545 m3) et en eau industrielle (l’usine de pompage a une capacité de 250 000 m3 par jour). Côté télécommunications, un réseau de fibre optique est installé dans le parc industriel et portuaire de Bécancour ; il permet aux entreprises d’accéder à un service de transmission de données haute vitesse. L’installation de ce câble a été faite en boucle de manière à optimiser la fiabilité du service de télécommunication. Un lien Internet micro-ondes à haute vitesse et la présence de tours de communication sans fil complètent la gamme des moyens de communication disponibles dans le parc. Ses installations portuaires, situées sur la rive sud du Saint-Laurent, sont tout aussi imposantes : elles comptent cinq postes d’amarrage (1 130 mètres au total) ainsi qu’une rampe roulante. On y trouve un terminal de vrac liquide situé à moins d’un kilomètre des installations portuaires et relié au quai B1 par un réseau de supports à tuyaux permettant le transfert de produits liquides via des réservoirs directement des navires aux usines ou, inversement, des usines aux navires. D’autres facilités sont disponibles : une guérite pour contrôler l’accès au port, une balance pour la pesée des marchandises manutentionnées, deux portiques de déchargement pneumatique appartenant à l’Aluminerie de Bécancour Inc. et un espace de 61 hectares (dont 14 hectares pavés) pour la manutention et l’entreposage des marchandises. L’ensemble du parc industriel et portuaire de Bécancour bénéficie de réseaux de transport très denses : maritime donc, mais aussi routier (l’autoroute 30 établit la jonction avec les autoroutes 20 et 40 par le biais de l’autoroute 55), ferroviaire (service quotidien par le réseau du Canadien National, CN) et aérien (un héliport à la disposition des entreprises du parc est adjacent au siège de la SPIPB et l’aéroport de Trois-Rivières se trouve à moins de 20 minutes en voiture). La somme de ces atouts indéniables fait du parc industriel et portuaire de Bécancour un des plus grands parcs industriels du Canada. Il donne accès à un bassin de 100 millions de consommateurs dans un rayon inférieur à 1 000 km.

 

Des entreprises séduites
Les avantages que constituent la forte qualification de la main-d’œuvre locale et la qualité de vie générale achèvent de convaincre les entreprises qui viennent s’implanter. On trouve au sein du parc, outre une quinzaine de PME, plusieurs grandes multinationales des secteurs métallurgique, chimique, de l’énergie et de l’alimentation. Leur investissement total dans la construction d’usines a été évalué à plus de 3 milliards de dollars canadiens (1,88 milliard d’euros). Les plus importantes se sont regroupées et ont formé le Comité des entreprises et organismes du parc industriel et portuaire de Bécancour (CEOP). Ce comité favorise l’entraide et la coordination sur des dossiers d’intérêt commun. Les entreprises y adhèrent aussi pour apporter leur soutien au développement du parc et pour renforcer leurs relations avec les représentants civils, municipaux et économiques du milieu. Le CEOP compte une quinzaine d’adhérents et se fixe pour objectif de fournir à ses clients des produits et services de haute qualité tout en assurant la protection de l’environnement.

 

Dates clés

 

Début des années 1960 : le gouvernement québécois réfléchit à l’installation d’une grande industrie sidérurgique sur son territoire. Il mandate le Trust Général du Canada pour acheter des terrains en bordure du fleuve Saint-Laurent. 7 650 acres (3 096 ha) sont acquis.

 

1968 : le Québec achète l’aciérie SIDBEC et le projet de sidérurgie à Bécancour est abandonné. Le gouvernement crée la Société du parc industriel du centre du Québec qui a pour mandat de développer un parc industriel sur le territoire de la Ville de Bécancour et de le doter des infrastructures nécessaires à l’implantation d’industries lourdes.

 

1971 : La première entreprise à s’implanter dans le parc : Biraghi Entrepose.

 

1990 : en octobre, cette société, qui avait un statut d’organisme public, devient société d’État et s’identifie désormais comme la SPIPB.

 

1998 : création du site Internet du parc : www.spipb.com

 

2002 : refonte totale du site Internet

 

2005 : le gouvernement du Québec nomme Guy Leblanc PDG de la SPIPB

 

2008 : 182 bateaux accostent au port de Bécancour. 94 % d’entre eux sont au service des entreprises sur place (produits chimiques, produits métallurgiques, aluminium…). Les 6 % restants sont chargés de l’expédition de bétail en Russie, d’éoliennes au Texas…